dimanche 5 juillet 2009
"Les mangeurs de murailles"
"Conçue pour résister à tous les cataclysmes, la ville-cube est une
sorte de monstrueuse HLM totalement étanche, un monde clos et aveugle
sans aucune porte de sortie sur l'extérieur, un abri verrouillé à
jamais où s'empilent des centaines d'étages reliés entre eux par des
ascenseurs dont l'usage est strictement réservé à la caste dominatrice
des libres-voyageurs. Un jour pourtant, la sacro-sainte étanchéité qui isole les
univers-tiroirs va être rompue : des animaux mystérieux et terrifiants
rongent les cloisons de séparation, creusant des tunnels dans lesquels
s'engouffre une faune étrange de marginaux, de subversifs et de
barbares assoiffés de conquête..."
Cité cube. Un monde pourrissant. Ville entière ceinte dans un cube de béton aux multiples étages. Castes sociales aux accès réglementés. Le cloisonnement est la clé, rien ne doit filtrer parmi les cellules d'habitation : microbes, bactéries, virus, hommes. Seuls les médecins peuvent emprunter les ascenseurs sans risque de se faire exploser par un implant. Au sous-sol, David est un modeste éboueur dans la zone de déblaiement. Son boulot : désintégrer des androïdes.
Premier Brussolo paru dans cette collection Fleuve Noir Anticipation. Déjà on y trouve les futurs ingrédients brussoliens : castes sauvages, humanisation contrôlée par un ordre suprême et inconnu, métamorphoses, mutations végétales, cloisonnement, rébellion... les délires de Brussolo ne sont pas encore à leur paroxysme et la conclusion n'est pas (trop) bâclée pour une fois. Vous affronterez les voleurs de fer, les termites, les armures de bois pyrophores, des robots détraqués... bref un bon Brussolo à découvrir avant de s'attaquer à la mythique collection Gérard de Villiers...
samedi 4 juillet 2009
"Le coucou" de G.J Arnaud
Éric Bonnot est un homme de ménage. Il nettoie des bureaux dans plusieurs immeubles durant les nuits. En toile de fond, on devine une crise économique et, plus personnellement, une crise dans son ménage. Sa femme lui reproche son statut "d'ouvrier d'entretien" sans savoir que son mari passe ses nuits à récurer des bureaux, épousseter des dossiers ou shampouiner des moquettes. L'homme est vite intrigué par un bureau qui ne témoigne d'aucune activité diurne : pas de papiers dans les poubelles, pas de mégots dans les cendriers... et pourtant les loyers et les charges sont réglés tous les mois par prélèvements bancaires. Qui est le mystérieux propriétaire dont personne ne connaît l'existence ?
Une nuit, Bonnot devine une porte secrète sur la cloison derrière une étagère. Un couloir puis une porte. Un appartement luxueux se révèle dans la pénombre. Alcools fins, produits de qualité dans le congélateur, télévision... un grand luxe qui s'étale pour le plus grand bonheur de Bonnot. Délaissant son épouse et son fils, il n'hésite pas à s'installer discrètement dans le logement et de profiter des victuailles... et même d'argent soutiré grâce à une carte de crédit trouvée dans un coffre-fort.
G.J Arnaud nous délivre un excellent roman dont l'idée de fond est parfaitement amenée dans le déroulement de l'intrigue. Pour préserver sa quiétude, le personnage principal n'hésite pas à tuer. Mais sont-ce des coïncidences ? Bonnot parviendra-t-il à préserver son bien-être égoïste ? Vous le saurez en parcourant ce parfait petit bouquin incroyable.
vendredi 3 juillet 2009
"Voyeur" de Joël Houssin
Comme le dit si bien Fantasio dans son billet, ce livre est un petit bijou burlesque, mêlant tous les genres en très peu de pages. Nous suivons les déambulations voyeuristes d'un homme qui capte des éléments anatomiques de femmes (pieds, chevilles, regards, seins lourds, hanches...) afin de les restituer mentalement à une créature terrée dans son appartement ! Disons plutôt que cette entité se métamorphose en prélevant avidement les images mémorisées par le narrateur.
Je ne dévoile pas tout mais une intrigue scientifique se déroule en parallèle tandis que nous devenons voyeurs à notre tour ! Scènes sado-masochistes, masturbations nocturnes, filatures perverses, Houssin ne nous épargne rien ! La lecture est agréable car nuancée abondamment ! Pornographie, SF, gore, thriller... on se perd dans le délire de Houssin et c'est un réel bonheur de parcourir des paragraphes courts et puissants à souhait.
Un livre idéal pour passer une bonne soirée, pour frémir d'horreur et d'excitation... Houssin parvient à emmener le lecteur dans un univers malsain et fantastique, le tout dans un quotidien banal et urbain. Vous ne perdrez pas votre temps à plonger quelques heures dans la lecture de ce Fleuve Noir à la couverture provocante.
jeudi 2 juillet 2009
"Maigret et l'indicateur"
Écrit du 05 au 11 juin 1971 à Epalinges.
Une nuit, Maurice Marcia (soixante-deux ans), propriétaire de La Sardine, un restaurant à la mode, est retrouvé mort — une balle de gros calibre en plein cœur — rue Junot à Montmartre (Paris, France). Manifestement, il n'a pas été tué sur place : son corps a été transporté. Au début de son enquête, Maigret apprend que le restaurateur a quitté son établissement après avoir reçu un coup de téléphone.
Un Maigret de facture classique. Pas de suspens torride à se mettre sous les dents ! Maigret se rend à Bandol cette fois-ci. Juste le temps d'un enterrement.
mercredi 1 juillet 2009
"Catastrophe" de Michel Jakubowski
Anthologie de sept récits de science-fiction anglo-saxonne présentée par Maxim Jakubowski dénichée, une fois de plus, sur le blog de Fantasio : MES COLLECTIONS.
Le premier récit éponyme est d'un auteur qu'on ne présente plus : J.G BALLARD. Nouvelle de 1975 sous le titre original "The Air Disaster". Un journaliste se rend sur les lieux d'une catastrophe aérienne, mille passagers au fond de la mer. Du moins c'est ce que l'on pense car des témoins affirment avoir vu l'avion s'écraser dans les montagnes. L'homme se rend dans la vallée nichée en altitude, espérant être le premier sur le scoop. Au sommet il découvre une étrange population primitive. Thomas M. DISCH, fabuleux auteur de SF, présente un récit de 1969 au titre intrigant : Le Maître du retable de Milford. Je n'ai pas honte de dire que je n'ai strictement rien compris à ce récit !
La nouvelle suivante est plus savoureuse car le titre L'invasion sexuelle de l'Angleterre par Gavin EWART donne envie ! Oh boudiou ! Pas déçu du tout ! Orgies en pagaille, partouzes à l'échelle nationale par des envahisseurs sexuels, descriptions d'actes torrides... un super récit mais dont je ne vois pas l'intérêt de son choix dans ce recueil. Par contre Il ne se passe vraiment rien d'extraordinaire de JAKUBOWSKI est un très bon récit. Dans une station futuriste, des hommes surveillent un trou d'espace-temps situé au-dessus de l'océan. Ils attendent encore et encore une apparition. Soudain les appareils de Détection se mettent en branle : une femme est signalée !
Nous abordons ensuite la nouvelle la plus longue avec La fêlure d'Emma TENNANT, "fable acide et surréalisante sur un Londres en proie au délire" avant d'enchaîner avec A l'intérieur du cube d'Andrew, récit incroyable qui vous fera perdre l'orientation et votre logique. Nous terminons ce recueil avec La Montagne d'un auteur majeur : Michael MOORCOCK. Thème revisité du dernier homme.
Je ne vais pas vous mentir, je trouve que cette anthologie est inégale. Je suis resté sur ma faim car je m'attendais à d'autres genres de récits en rapport avec cette couverture si alléchante. Le choix de Jakubowski est inapproprié sur celui d'Ewart principalement. Bref je m'attendais à mieux. Ce n'est pas un Marabout dont je garderai un souvenir impérissable.
mardi 30 juin 2009
"La perle"
"Jouant de sa lame comme d'un levier, il le fit céder et le coquillage s'ouvrit. Les lèvres de chair se crispèrent puis se détendirent. Kino souleva le repli et la perle était là, la grosse perle, parfaite comme une lune. Elle accrochait la lumière, la purifiait et la renvoyait dans une incandescence argentée. Elle était aussi grosse qu'un œuf de mouette. C'était la plus grosse perle du monde."
Un roman magistral et intense sur la cupidité des hommes. Kino l'indien pêche LA perle du Monde. Il entrevoit aussitôt un avenir radieux pour son enfant et sa femme Juana. Des vêtements, un fusil, des chaussures avec lacets... et surtout de l'instruction pour Coyotito son fils.
Hélas on ne peut défier son destin pour lequel on semble avoir été créé. La condition de Kino, comme ses ancêtres est, et uniquement, la pauvreté. La nouvelle de la trouvaille de Kino va traverser le village comme une traînée de poudre. Le sort va s'acharner, les hommes deviendront mauvais, rendus fous par la musique de la perle. Kino l'analphabète se battra malgré l'empressement de sa femme à se débarrasser de la perle.
Roman très court de Steinbeck paru en 1950 et situé dans la région de Salinas en Californie. Récit dramatique au service d'une prose parfaite. Je vais me procurer tout Steinbeck. Je n'ai pas le choix !... Plus le choix...
lundi 29 juin 2009
"Henri Martin, du rêve au quotidien"
"D'origine toulousaine, Henri Martin (1860-1943) avait fait ses débuts dans la carrière de peintre d'Histoire, sous l'influence de son maître et compatriote Jean-Paul Laurens (1838-1921). Après avoir été brièvement séduit par le symbolisme et l'expérience du Salon des Rose-Croix, Henri Martin adopte, à la surprise de ses pairs, la manière pointilliste de Signac et de Pissaro, au tournant de la dernière décennie du dix-neuvième siècle. Pour rester fidèle à cette approche néo-impressionniste, Henri Martin a pu servir de cible à l'avant-garde contemporaine. L'œuvre de ce maître prolifique retrouve aujourd'hui toute sa place. On remonte sans déplaisir le fil de son inspiration littéraire et bucolique, de Baudelaire à Virgile. On goûte sa mesure et la quiète harmonie de sa peinture. La mélancolie, le rêve, le mystère ajoutent leur tonalité particulière à la douceur chaleureuse du coloris. Les occupations des hommes, les rites de la société, la transmission des savoirs ancestraux, l'exaltation des valeurs républicaines font largement lace au quotidien dans cet univers idéalisé. Le temps que l'artiste choisit d'évoquer est celui de l'allégorie dont il modernise les formes et le registre. Son goût de la composition le prédispose encore au grand décor. Héritier de Puvis de Chavannes, Henri Martin y a donné toute sa mesure, en poursuivant, par ailleurs, une carrière féconde peintre de chevalet. Il demeure le chantre d'un monde pacifié par la peinture, un monde dont la beauté s'apparente souvent à celle des terroirs du Languedoc, et dont il fait l'éloge avec simplicité."
Peu de gens connaissent ce peintre né en 1860 et mort en 1943. Brièvement séduit par le symbolisme, Martin va définitivement se tourner vers le pointillisme comme ses pairs Signac et Pissarro. Pour être resté fidèle à ses convictions artistiques (ignorant ainsi l'abstraction ou le fauvisme), Martin s'attirera les foudres de la critique contemporaine. On lui reprochera notamment un défaut d'imagination.
Ce livre présente les peintures conservées dans les collections publiques françaises (Bordeaux, Cahors et Douai). Naissance à Toulouse, école des Beaux-Arts à 17 ans, Grand Prix de la Ville de Toulouse à 18 ans ! Cette distinction lui permettra d'obtenir une bourse pour suivre les cours à Paris durant trois ans. Le jeune peintre s'inscrira à l'atelier de Jean-Paul Laurens. Ses domaines de prédilection seront les paysages et la présence huamine (activités rurales, autoportraits, visages de muses...).
Henri Martin est "la douceur monumentale", d'où le privilège, durant sa vie, d'emporter de grandes commandes pour orner des lieux dont le rôle symbolique est d'assoir le pouvoir républicain (salle de l'Assemblée Générale du Conseil d'Etat à Paris).
Henri Martin est un artiste complet à découvrir pour ses peintures lumineuses. Son oeuvre est harmonieuse, bucolique et mélancolique.
dimanche 28 juin 2009
"Le chien du brigadier" de Bernard Clavel
Une courte citation de Jules Renard symbolise bien la pensée de Clavel en début d'ouvrage : "Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien". Il me fallait impérativement ce récit inédit car, après contrôle auprès d'un recueil de Clavel sur les animaux (Histoires de chiens), cette sélection m'était inconnue ! L'histoire débute par une traque. Un brigadier accompagné de son chien suivent les traces d'un criminel et le trouvent. En 1938, la gendarmerie est sceptique sur les possibilités d'utiliser un chien pour pister des personnes. Mais Sophocle devient vite une légende locale. Hélas la guerre arrive. Germain se retrouve enrôlé avec son fidèle compagnon. On destine le chien a une mission suicide : le chien est dressé pour se glisser sous un blindé avec une charge explosive. Ses officiers ont entendu dire que les Russes utilisaient cette technique de combat avec succès. Germain refuse de sacrifier son chien pour la folie des hommes. Il déserte et s'enfuit dans la nuit avec le rottweiler.
C'est une histoire très forte ; un lien unique entre un animal et son maître. D'une émotion intacte, belle et cruelle. Un récit de Clavel à lire religieusement. Se dévore en une heure (60 pages). Si vous n'aimez pas les bêtes, ce livre n'est pas pour vous.
samedi 27 juin 2009
"Docteur Squelette"
Je profite de cette fin de blog pour remanier mes derniers billets : plus de quatrième de couverture ni de lien d'achat en ligne ! Tout d'abord parce que ça me gonfle sévère et ensuite pour consacrer mon attention sur le livre principalement. L'illustration sera centrée afin de mieux délimiter mon texte et le rendre plus accrocheur. Tout ceci n'est qu'une question de design tendance néo-californienne qui vous dépassera bande de nazes ! C'est de l'humour bien entendu... hein ?
-O-
Vingtième livre de Serge Brussolo publié au Fleuve Noir dans la collection Anticipation, Docteur Squelette est un roman d’épouvante exotique. Il a pour sous-titre "Les chroniques d’épouvante". Ce sera l’unique volume de ces chroniques. Il sera d'ailleurs repris dans le recueil "La nuit du venin". Brussolo nous entraîne dans un village d'Amérique Latine aux croyances enracinées. Jeanne (l'héroïne brussolienne au prénom récurrent) est en vacances avec Marc, un amour de passage.Nous basculons très vite dans l'irrationnel, à la possession démoniaque, à l'exorcisme et à de grands délires somnambuliques collectifs. L'épouvante croît au fil des pages et nous sombrons dans un final démoniaque et sanglant.
Un excellent Brussolo aux teintes lovecraftiennes, notamment par l'aspect de l'église troglodyte, décor central de l'intrigue. Une fois de plus l'auteur excelle à décrire une atmosphère moite sud-américaine, personnages dépassés par une malédiction ancestrale et incontrôlable, somnambules aux allures de zombies, squelettes à la croissance infernale, exorcisme, religion... le Docteur Squelette vous prendra par la main vers un tourbillon sanguinolent et satane. Un Brussolo à découvrir.
vendredi 26 juin 2009
"Le puzzle de chair"
"Rien ne va plus dans le show-business, voilà qu'on
mutile les acteurs, qu'on crève les yeux aux peintres, qu'on écrase les
mains des pianistes ! Les Vandales sont là ! Une secte bien peu
recommandable en vérité, qui ne recule pas devant la chirurgie
« sauvage », et contre laquelle il faut lutter par les grands moyens... Des moyens qui font parfois dresser les cheveux sur la tête !"
Extension romanesque de la nouvelle "Les enfants de Protée" que l'on peut trouver dans le recueil "La nuit du venin". C’est
dans ce roman qu’apparaît pour
la première fois le personnage récurrent du capitaine de police Cazhel, le flic bouffeur d'insectes. Brussolo reprend ici un thème récurrent : la transformation des corps.
Nous suivons Elsy, héroïne brussolienne typique : ni belle, ni laide, ni intelligente, vie sociale banale et médiocre. Le roman se passe sur la planète Fanghs où des curieux Vandales ne supportent pas le Talent. Des personnalités se font agresser physiquement : un pianiste se fait exploser les mains, une danseuse étoile a des chaussons piégés, un trompettiste avale un jet d'acide... un homme saisit l'occasion inespérée pour se faire du fric. Brussolo décrit les attentats des Vandales, un groupe terroriste qui a toutes les caractéristiques d’un mouvement sectaire.
Malgré un climat angoissant bien mené en seconde partie (bunker), ce Brussolo est plutôt moyen dans l'ensemble. Le dépaysement qu'on recherche dans le genre SF est brossé par de gros coups de pinceau, on regrette la moiteur glauque de Bunker ou Krucifix. Un Brussolo à lire en deux jours avant de s'absorber dans un autre Anticipation d'une meilleure facture. Comme La colère des Ténèbres, la couverture ne rend pas honneur à l'intrigue.
jeudi 25 juin 2009
"La colère des ténèbres"
" Pendant que sévit une épidémie de fragilité qui fait exploser les
boîtes crâniennes comme de vulgaires coquilles d'œuf, un jeune
infirmier se voit muter dans un bien étrange hôpital. Quel est cet
institut qui se dresse au milieu d'une lande hantée par un loup-garou
parfumé ? A quelles recherches se livre donc le responsable des lieux ?
Et quelle est cette curieuse infirmière qui s'obstine à vouloir mettre
des rafales de mitraillette en bouteille ?"
Encore un très bon délire de Brussolo que cette histoire d'un infirmier stagiaire qui débarque un beau matin à l'institut Minsky. Rien de spécial, pensez-vous ? Sauf que Saint-Alex, le patelin aux environs, est peuplé de "plâtreux", des infirmes ou curistes souffrant d'une épidémie de décalcification ! Des crânes implosent, des membres se brisent... le bistrotier du coin doit peser chaque ustensile (cuillères, tasses, verres) afin que le consommateur puisse noter et cumuler les poids soupesés dans une journée !
Le pauvre David débarque donc à l'institut où sont regroupés les cas désespérés. Sauf qu'entre Saint-Alex et l'institut David doit traverser une lande maudite où, semble-t-il, une créature dévore tout ce qui passe. A son arrivée, il rencontre Nathalie, une infirmière, qui l'initie aux tâches journalières : découper les plâtres des morts avant de les passer dans le crématoire, laver des sols... le professeur Minsky étant invisible. Que fait-il et où se trouve-t-il ?
Un bon Brussolo qui part vite en couilles vers final avant de se stabiliser dans une conclusion assez logique. On y retrouve le personnage récurrent de David Sarella (celui d'Enfer Vertical) dont la jeunesse est différente du roman cité. Par contre l'illustration de la couverture est incohérente et ne rend pas justice à l'intrigue. Un choix curieux que cette vache découpée ! Je n'en dis pas plus. Lisez ce Brussolo.
mercredi 24 juin 2009
"La forteresse noire" de F. Paul Wilson
"Celui qui réveille le démon ne connaîtra plus le sommeil.
Un
donjon perdu dans les brumes de Transylvanie. Le capitaine Woermann
voit les hommes placés sous son commandement périr les uns après les
autres dans des conditions horribles. Les partisans roumains ne sont
pas responsables, et l'arrivée en renfort du major SS Kaempffer, ancien
compagnon d'armes de Woermann et spécialiste des camps d'extermination
n'y changera rien. Une créature a surgi des ténèbres pour frapper avec
une sauvagerie inimaginable des soldats peut-être un peu trop cupides.
Maintenant seul un vieil érudit juif, féru de démonologie, pourrait
peut-être les arracher à leur sort..."
Un bouquin dont je connaissais que l'adaptation cinématographique de Michael Mann sortie en 1983. Le décor est planté dans le col de DINU en Roumanie où des troupes allemandes prennent position en avril 1941. Peu de temps après le bureau du RSHA (Division de la Race et du Repeuplement, District de Varsovie) reçoit un étrange message codé du capitaine Klaus Woermann. Celui-ci désire abandonner sa position car "quelque chose extermine ses hommes." Le Commandement Suprême missionne le major SS Kaempffer pour voir ce qui se passe dans ce coin retiré de Transylvanie, aux légendes vivaces et obscures.
Au final le film n'a pas grand chose à voir avec ce roman intense. Nous quittons à regret le professeur Cuza, le Glaeken, Molasar, Magda, les hordes SS, le donjon et ses tunnels maléfiques car c'est un récit qui se dévore littéralement. Certains passages sont un peu naïfs, notamment les réactions de Cuza envers Molasar, mais l'ensemble est une véritable réussite. En toile de fond se dessinent l'holocauste et les camps de la mort, le vampirisme, les traditions de l'ancienne Valachie et la lutte du Bien contre le Mal. Un livre que je vous encourage à découvrir le plus vite possible.
mardi 23 juin 2009
"Iceberg Ltd"
"Dans le labyrinthe des banquises fracassées, un
cargo se fraye un chemin, au risque de finir broyé par les montagnes de
glace flottantes. À son bord, deux jeunes femmes à la recherche d'un
avion qui s'est écrasé aux abords du Pôle. Très
vite, la mission de secours semble compromise par d'étranges
événements. L'équipage, composé d'Esquimaux superstitieux, affirme
qu'un être fabuleux sorti du blizzard harcèle le navire. Un climat de
cauchemar s'installe tandis que les matelots disparaissent un à un. La
nuit, quelqu'un erre au long des coursives, en quête d'une nouvelle
proie... Tandis que les glaces resserrent leur étreinte sur la coque
qui menace d'éclater, la paranoïa s'empare des survivants. Quand la folie tire les ficelles du crime, tout est possible, même le pire... Surtout le pire !"
Vous vous rappelez de Peggy Mitchum, l'héroïne de Baignade accompagnée et Les enfants du crépuscule ? Nous la retrouvons avec plaisir pour la troisième fois dans ce roman polaire. Fini le soleil éclatant de la Floride ! Le climat arctique vous saisit à la gorge et d'emblée la personnalité de Rolf Amudssen, capitaine suicide du navire Iceberg Ltd est saisissante. Cet homme, responsable de la mort de sa femme et de son fils, est un trompe-la-mort. Il défie les icebergs tabulaires, inspirant la crainte chez les esquimaux superstitieux.
De nombreux rebondissements parsèment l'intrigue dans un enfer polaire. Base militaire, meurtres mystérieux, personnalités schizoïdes, fausses pistes, épave sous-marine, Brussolo nous emmène dans un récit angoissant mais on peut regretter des redondances, des paragraphes récurrents et une certaine routine dans l'ensemble. Plaisant à lire malgré un roman bancal.
lundi 22 juin 2009
"Enfer vertical en approche rapide" et "Enfer Vertical"
"Et si l'enfer se dissimulait sous l'apparence banale d'un distributeur de sandwiches ? Et si l'esprit du mal logeait à l'intérieur d'une machine à café ? Tout est possible à la prison de Shaka-Kandarec. Tout. Et surtout le pire..."
Mon deuxième Brussolo chez Fleuve Noir après Crache-Béton. L'avoir déniché chez Emmaüs pour cinquante centimes, je ne pouvais que saisir l'occasion ! Réédité et remanié depuis sous le titre Enfer Vertical, ce bouquin possède une superbe illustration. On regrette, contrairement à la réédition, l'absence d'un prologue concernant David le héros de l'histoire et une fin cohérente. Dans ce bouquin, on reste pitoyablement sur notre faim !
Pourtant le concept d'un donjon où des détenus sont enfermés pour subir des niveaux de tortures mentales et physiques est intéressant à découvrir. A chaque étage, l'horreur est exponentielle. C'est un mélange de Saw, Cube et Marche ou Crève ! Un distributeur maléfique, sorte de complexe nourricier dispense des blocs nutritifs aux prisonniers sous réserve de réussir quelques tests : brûlures digitales, mutilations, anthropophagies... la loi du plus fort prime. Au fur et à mesure, les forçats régressent. Le distributeur devient totem de vie et de mort.
Le récit est linéaire et est malheureusement amputé de paragraphes primordiaux. Ainsi, je suis obligé d'acquérir Enfer Vertical pour connaître un dénouement susceptible d'assouvir ma curiosité envers ce récit prometteur et hélas trop court.
"C'était une prison sans barreaux, sans geôliers. On n'y rencontrait qu'un seul interlocuteur : un distributeur de sandwiches blindé comme un coffre-fort et plus intelligent qu'un ordinateur. Un distributeur de sandwiches qui n'acceptait de vous donner à manger qu'en échange d'un petit sacrifice : recevoir une décharge électrique à travers le corps, par exemple. C'était une curieuse machine, à la fois dieu et diable, conçue pour vous rendre la vie impossible et la mort insupportable. Une saleté de distributeur, qui finissait par régner en tyran sur ce bagne des plus moderne, et vous forçait à pratiquer l'autopunition à outrance.Certains décidèrent de lui faire la guerre... Ils ne tardèrent pas à s'en repentir !"
Je me suis donc procuré la réédition d'Enfer Vertical car je ne pouvais pas me contenter d'une première version amputée ! Contrairement à l'avis de fantasio j'ai trouvé le prologue grotesque. Une mère parano qui forme un tribunal pour juger des animaux de sa basse-cour avec son fils avocat commis d'office !!! Celui-ci imagine des plaidoiries durant ses cours d'école. Je n'imaginais pas du tout le cursus de tueur fou de David Sarella ainsi !
La fin est moyenne et relève un peu le niveau. Cependant et curieusement (pour des raisons stylistiques) je lui préfère la première version ! Notre imaginaire se contente de deviner un avant et un après, rendus burlesques dans cette présente collection.
dimanche 21 juin 2009
"Celui qui pourrissait" de J.P BOURS
"Que le fantastique soit aussi une disposition d'esprit, un regard privilégié porté sur les hommes et les choses, ce recueil de neuf contes nous le montre avec éclat. II y a ici certes des déchirures brutales, d'horribles moments, des lueurs d'épouvante, de curieux dédoublements et d'incroyables méprises, mais aussi une quête passionnée de l'identité, une interrogation lancinante sur la difficulté d'être et de vivre -- sur les foudroyantes incertitudes de la vie et de la mort. Avec Jean-Pierre Bours, le fantastique est bien ainsi la voix d'un désarroi panique. Davantage : le chant désespéré d'une blessure."
Prix Jean Ray 1977. La nouvelle éponyme relate un récit fait par un vieillard à un homme. Ils sont attablés devant un whisky. La narration ressemble forcément à Jean Ray, du moins le début car Jean-Pierre BOURS est un auteur à part, avec son style propre.
Nous suivons la déchéance physique d'un jeune homme aux multiples maux (lèpre, erysipèle, eczéma, pemphigus...) en 1888. Le mythe de Jack l'Eventreur est renouvelé avec brio dans ce conte. Procédure contradictoire est un récit très étrange. Un procès a lieu entre un magistrat et un prévenu condamné pour assassinat. Un duel mental s'installe entre les deux rivaux. Le final est époustouflant et surprend le lecteur incontestablement. Histoire d'A (Essai d'érotisme lipogrammatique) est l'histoire d'un initié d'un Ordre secret aux rites étranges de soumission de femmes. Encore une fois, Bours nous berne sur la conclusion. Le peuple nu est une nouvelle remarquable et sans doute la plus réussie de ce recueil. Des corps écorchés vivants s'invitent à un bal masqué organisé par un anatomiste. Récit remarquable. Par contre Le divin marquis est moins intéressant à lire. Une femme invite le Marquis de Sade à venir hanter ses nuits après une séance de spiritisme. Sans doute le récit le plus moyen du recueil. Le château des réminiscences est un conte onirique rêvé par un enfant. Récit chevaleresque et merveilleux qui rappelle le style de Seignolle. La vérité sur la mort d'Aaron Golstein est une histoire d'apparition qui assouvit une vengeance à la place d'un autre. Évidemment le crime ne paie pas... pour le fantôme ! La mort du juste est une nouvelle fois le récit d'une vengeance terrible d'un enfant pur envers un juge sans pitié. Entre Charybde et Scylla est une formidable épopée de sept jours d'un homme qui angoisse avant une trachéotomie. La métamorphose d'un homme en fantôme est révélée dans Aujourd'hui l'abîme.
Ce recueil unique de Bours (et quel dommage) est un de mes préférés chez Marabout. Un choix idéal entre Owen et Ray avant d'élargir sa vision du fantastique vers d'autres auteurs plus complexes.
samedi 20 juin 2009
"Les lutteurs immobiles"
"Fini le gâchis, désormais, la Société Protectrice des Objets veille... Devenir le frère siamois d'une tasse à thé vous tente-t-il ? Pas
vraiment, surtout si la moindre fêlure de la porcelaine se décalque
aussitôt sur votre propre squelette en une superbe fracture ouverte.
Dur, non ?"
Là on peut dire que Brussolo part dans un vrai délire mais non dénué de raison. Il dénonce la société de consommation à outrance et profite de cette opportunité pour élaborer un schéma différent : le culte totalitaire de l'objet ! Des milices qui traquent le gaspillage, des capteurs qui enregistrent l'usure, les accrocs des vêtements, des objets, les ustensiles courants...
Jusqu'ici ce Brussolo semble absurde mais détrompez-vous ! Brussolo va au fond de son trip pour une fois. Des scientifiques adoptent le couplage symbiotique afin que le consommateur devienne dépendant d'un meuble, un livre, une maison, un vélo... Un accroc et c'est une plaie qui survient ! Un bris de glace et c'est votre os qui craque. Un homme est accouplé avec une bibliothèque et traque les souris qui grignotent les livres ! Le héros de l'histoire aborde l'irréel en découvrant son... partenaire ! Vous saurez quoi en lisant ce bon Brussolo de derrière les fagots. Les derniers chapitres sont un mélange de Mad Max et de Fahrenheit 451 ! Un vrai bonheur de lecture.
vendredi 19 juin 2009
"Dagon et autres nouvelles de terreur"
"Stryges et vampires, goules et sphinx, cryptes ténébreuses, labyrinthes aux parois invisibles, tels sont les éléments de l'univers d'angoisse où évolue Howard Phillips Lovecraft (1890-1937), disciple d'Edgar Poe et Arthur Machen. Mais, à l'autre pôle, il y a aussi des jardins féeriques, tout emplis de subtiles fragrances, et des cités de rêves, où le marbre et les ors le disputent à l'onyx et aux gemmes les plus rares. C'est par une approche manichéenne que ce visionnaire cherche à élucider les mystères de la vie, de la Création. L'homme n'est-il qu'un instrument aux mains de puissances innommables ? La Connaissance et la Folie sont-elles deux compagnes inséparables ? La réalité onirique ne donnera-t-elle pas à penser qu'il est d'autres formes de conscience, à peine concevables ? Autant de questions auxquelles Lovecraft ne prétend pas apporter de réponse irréfutable ; mais il envisage des hypothèses qui, pour être déroutantes, n'en sont pas moins plausibles, et il voit dans l'imagination le moyen le plus propre à sonder le grand Abîme et à évoquer ce que ni nos sens ni nos instruments ne perçoivent."
Recueil de nouvelles de 1905 à 1937 du solitaire de Providence. Préface de François Truchaud. Récits oniriques pour la plupart de ces récits dits mineurs de Lovecraft. Néanmoins on y trouve des merveilles comme Dagon (1917) où un marin de la Grande Guerre s'enfuit d'un bateau ennemi où il était retenu prisonnier. Il dérive longtemps et trouve un vaste territoire de vase aux nombreuses carcasses de poissons. Un monolithe en pierre attire son attention.
Sujet nécrophile dans La tombe (1917) aux rêveries d'un homme dans Polaris (1918). Du grand HPL dans La malédiction de Sarnath (1919) avec son lot de divinités ancestrales au sein de la Cité d'Ib. Le bateau blanc (1919) me fait irrésistiblement penser à l'univers d'Hodgson. Un gardien de phare embarque sur un mystérieux vaisseau. Des cités merveilleuses se dévoilent au fil du périple.
Un ouvrage indispensable pour les lecteurs assidus de Lovecraft.
jeudi 18 juin 2009
"La bourrelle, suivi de l'Iroquoise" de Bernard Clavel
"L'Iroquoise : A Boston, dans une rixe, Karl tue un policier. Il doit fuir vers le Nord, franchir la frontière. Et le jeune marin allemand découvre ce monde inconnu de la forêt où chassent quelques Indiens. Aldina a seize ans, c'est une Iroquoise du clan de l'Ours..."
Lors d'un précent billet, La Bourrelle avait déjà fait l'objet d'un élogieux commentaire de ma part. J'ai retrouvé cette autre édition agrémentée d'un récit supplémentaire : L'Iroquoise. Ecrit de juin à septembre 1978 à St. Télesphore. Histoire d'amour entre un allemand et une jeune Iroquoise de seize ans.
L'histoire se déroule au Canada, où se terre un colosse allemand. Celui-ci a tué par accident un policier dans un bar. Après avoir volé plusieurs véhicules, il se retrouve dans un coin perdu, entouré de forêts. Il rencontre un Indien qui lui vend sa fille pour deux carabines et une centaine de cartouches. L'indienne est magnifique et l'allemand en tombe fou d'amour. Le destin sera cruel.
Ma foi, un bon Clavel que ce recueil de deux récits aux destins implacables. Deux femmes sont les personnages centraux, à deux époques différentes et de conditions sociales opposées. Mais les sentiments humains sont les mêmes pour toutes les femmes.
La Bourrelle est nettement plus fort que la seconde narration plus simpliste. C'est néanmoins un bon livre à ne pas méconnaître dans l'univers de Clavel.
mercredi 17 juin 2009
"La cerise sur le gâteux" de J.J Reboux
"La grande roue... Le frisson... La tendresse pour une peluche gagnée au
stand de tir. Et déjà l'heure de rentrer... Alvaro tenait Yanissa
contre lui. Ils avancèrent vers eux, menaçants. Et tout alla très vite.
Sauf l'arrivée des flics... Le lendemain, le meurtre était à la Une. Et
le Poulpe sur le pied de guerre dans les rues de Charençon-le-Plomb.
Avec une question en tête : pourquoi Yanissa a-t-elle disparu ? Un
guide précieux l'accompagne : Joël, SDF de Charençon. Un doux dingue
qui se fait appeler Don Quichotte et part au combat au cri d'" Arago !
Arago ! " Magouilles politiques, réseaux d'influence... A
Charençon-le-Plomb, la vérité n'est pas facile à voir en peinture.."
Longtemps que je n'avais pas relu un Poulpe !Signalons que cette histoire est dédiée à Ibrahim Ali, Brahim Bouarram et Imad Bouhoud assassinés en février et mai 1995 par des skinheads et joyeux drilles du Front National. Un immigré est tué aux abords de la Foire du Trône et son amie s'enfuit. Elle demeure introuvable. Le Poulpe s'empare de l'affaire et rencontre Don Quichotte, un curieux SDF protégé par les flics et la mairie.
Ma foi on peut dire que c'est un bon Poulpe ce bouquin. Le scénario est bien ficelé et nous suivons Gabriel dans les milieux bourgeois et néo-nazis de Charençon-le-Plomb. L'histoire est nerveuse, les paragraphes courts et les personnages assez épais. Et quel bonheur aussi de découvrir vers la conclusion un Gabriel tondu et vêtu de treillis pour prendre l'apparence d'un skinhead ! C'est à mourir de rire ! Rien que pour ça, vous pouvez lire ce feuilleton du Poulpe avec confiance.
mardi 16 juin 2009
"Le neveu d'Amérique" de Luis Sepúlveda
"Enfant, Luis Sepúlveda a fait une promesse à son grand-père : retourner un jour en Andalousie, à Martos, le village d'où celui-ci partit pour l'Amérique. Mais avant d'y parvenir, notre infatigable voyageur aura parcouru le continent latino-américain en pratiquant toutes sortes de métiers. Il aura rencontré nombre de gens aux destins singuliers. Il aura subi les systèmes totalitaires et vécu quelques histoires aux allures fantastiques. Avec ces récits, Luis Sepúlveda nous fait partager, au fil de multiples péripéties, une vie d'errances, de rêves et d'engagements, où à la beauté du réel s'allie une imagination foisonnante."
J'avais tant apprécié "Le vieux qui lisait des romans d'amour" du même auteur que je me suis procuré deux autres livres de Luis Sepúlveda. Ce livre est composé comme une suite de récits autobiographiques de Sepúlveda. Suite à deux promesses faites à son grand-père : lire "Et l'acier fut trempé" de Nicolaï Ostrovski et aller à Martos en Andalousie, où ce dernier est parti pour les Amériques. L'auteur va parcourir tout le continent latino-américain, pratiquer toutes sortes de métiers et surtout rencontrer des destins extraordinaires. Ce sont aussi les premiers engagements politiques, l'exil, le totalitarisme, les tortures et son entrée en littérature.
Le premier récit relate ses deux années et demie passées dans une des plus infâmes prisons chiliennes, celle de Tumeco. Narration des
compagnons d'infortune comme Rudi Weismann, retrouvé mort de tristesse un matin. Le commandant du camp est un fanatique de Rommel dans cette prison où mène le voyage à nulle part. Les deux parties suivantes représentent des instantanés de voyages, des rencontres incroyables. Nous traversons la Patagonie Chilienne, l'Argentine, la Bolivie, l'Amazonie en compagnie de gauchos, d'aviateurs, de nomades ensorcelants jusqu'aux retrouvailles avec le frère de son grand-père, terme du voyage en Espagne.
C'est un bouquin passionnant avec une écriture incomparable. Votre esprit part vers des contrées sauvages, avec des hommes vrais, puissants, sauvages, fiers et chaleureux. Car la prose de Sepúlveda vient du coeur...




































