vendredi 11 janvier 2008
"La retraite aux flambeaux"
"Nous sommes en septembre 1944 dans un petit village du Doubs. Ferdinand, véritable force de la nature et doux homme, aime son pays, sa forêt et les parties de pêche. Quand les Allemands battent en retraite, pillant et détruisant tout sur leur passage, le village entier les regarde passer derrière les volets clos. Ferdinand et sa femme sont de ceux-là. Jusqu'au moment où un tout jeune officier S.S arrogant tente de lui voler son vélo. Une ultime agression que Ferdinand qui a subi ces longues années de guerre ne supporte pas. Ne se contrôlant pas, il assomme l'Allemand, le ligote dans la cave et... ne sait plus qu'en faire. Comment assumer cet acte de Résistance qui n'est plus de mise, comment se débarrasser d'un officier ennemi, alors que les convois allemands menacent continuellement de fusiller tous ceux qui s'opposeraient à leur passage ?"
Un roman magnifique et beau. A lire pour son humanité et sa réserve. La folie de la guerre, le crime légitime et la culpabilité. C'est un trio de malheur dans cet enfer mondial. Un excellent Clavel.
mercredi 9 janvier 2008
"Lettre à un képi blanc"
"Lorsque je me retourne et regarde ma route, je constate qu'elle n'est en vérité qu'une longue marche forcée. Je suis parvenu à m'imposer la paix.
On ne naît pas pacifiste et Bernard Clavel n'a pas piétiné le képi blanc de ses rêves d'enfant sans souffrances. C'est ce combat intime et public contre la guerre et la violence qu'il raconte au caporal McSeale, ce caporal clairon surgi d'entre les soldats de toujours pour condamner l'auteur du Silence des armes.
II lui a fallu briser les mythes cocardiers, déjouer les pièges du romantisme militaire, découvrir derrière la joie du guerrier la peur secrète, instinctive et féroce, révéler sous les jeux héroïques de l'Histoire les lueurs tragiques de la mort ...
Jusqu'au jour où la vérité s'est imposée : la gloire et l'honneur de l'homme, sa liberté et sa dignité, c'est l'amour, sa seule patrie, c'est la Vie."
Un caporal éreinte le livre de Clavel "Le silence des Armes" dans le Képi Blanc de 1974. Afin de s'expliquer sur sa façon de penser et d'être sur la Guerre et le patriotisme, Clavel lui répond magistralement avec cette lettre. C'est un pamphlet passionné de 150 pages. Pour l'anecdote, Clavel rencontra le caporal (devenu capitaine de la Légion Etrangère) dans un restaurant en février 1975. Celui-ci lui annonça en lui serrant la main : " Je suis venu sans grenade ni baril de poudre dans mes poches."
"Quand on a pas assez de courage pour être pacifiste, on est guerrier" J. GIONO
lundi 7 janvier 2008
"Les roses de Verdun"
Bernard Clavel est né le 29 mai 1923 à Lons-le-Saunier, au fond d'un grand jardin où peinaient son père ancien boulanger et sa mère fleuriste. Enfant rêveur et peu studieux, il quitte l'école à quatorze ans pour entrer en apprentissage chez un pâtissier de Dole. Les deux années qu'il passera sous la coupe d'un patron injuste et brutal le marqueront profondément, faisant de lui un éternel révolté.
Du fournil à l'usine de lunettes, du vignoble à la forêt, de la baraque de lutte à l'atelier de reliure, de la sécurité sociale à la presse écrite et parlée, il connaîtra bien des métiers qui constituent "ses universités", un peu comme London, qui l'a tant fait rêver, ou Gorki à qui André Maurois devait le comparer dès ses premiers livres.
Sans aide, sans conseiller, sans véritable maître, dès l'adolescence, il peint et écrit, songeant en secret au jour où il pourra se consacr er totalement à l'art. Personne ne prend au sérieux cet autodidacte qui se croit artiste. Il détruit plusieurs romans et de nombreux poèmes et nouvelles avant que René Julliard ne se décide à publier L'Ouvrier de la nuit, en 1956. Cette publication lui permettra de rencontrer Jacques Peuchmaurd qui deviendra, au plein sens du terme, son directeur littéraire. Encouragé dès lors par Reverzy, Lanoux, Bachelard, Gabriel Marcel, Hervé Bazin, Marcel Aymé et quelques autres écrivains, il poursuit une oeuvre qui s'impose peu à peu. En quarante ans, il publie près de quatre-vingt-dix livres qui seront traduits dans une vingtaine de pays. Certains de ses romans connaissent des tirages qui atteignent plusieurs millions d'exemplaires pour la seu le langue française.
Bernard Clavel a reçu plus de 20 prix littéraires dont le Prix Goncourt pour Les Fruits de l'hiver, les Grand Prix de la Ville de Paris et de la Ville de Bordeaux pour l'ensemble de son oeuvre, le Prix des Maisons de la Presse...
Elu à l'académie Goncourt en 1971 au couvert de Jean Giono, il démissionne en 1977, trop pris par l'écriture pour consacrer tant de temps à la lecture, et plus à l'aise dans les grands espaces que dans les salons où se nouent les intrigues.
Le cinéma et la télévision ont largement puisé dans son oeuvre. Enseignants et universitaires sont nombreux à se pencher sur ses contes et poèmes pour enfants, mais aussi sur ses romans qui passionnent les adolescents tout autant que les adultes.
Épris de justice et de paix, Bernard Clavel participe à bien des combats, s'efforçant de rester toujours fidèle à l'esprit de ses maîtres, Romain Rolland, Gandhi, Tolstoï, Louis Lecoin, Maurice Lelong, Gilbert Cesbron, Jean Giono, Jean Guéhenno, Casamayor.
Éternel errant, avec comme point d'ancrage sa table de travail, il écrit et peint partout avec le même acharnement.
Il dit volontiers que son mariage avec la romancière québécoise Josette Pratte lui a permis de donner à son oeuvre une deuxième vie. Elle lui a apporté de nombreux livres, à commencer par sa grande fresque romanesque Le Royaume du Nord, inspirée par l'aventure des pionniers canadiens.
Ces dernières années, Bernard Clavel a renoué avec son Jura natal, avec le Rhône, en montrant une force d'imagination et une liberté d'inspiration tout à fait nouvelles.
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Je lis cet auteur depuis l'âge de 12 ans ! J'aime ce style épuré de fioritures, écriture simple et authentique d'un écrivain admirable. Romancier populaire au sens noble du terme. Le Simenon français ?
"Sa mère rêvait qu'il soit horticulteur. Mais l'énergie, le goût du luxe et le sens des affaires de Lucien Martinon scellent un tout autre destin. Durant l'effroyable Grande Guerre, il fait fortune dans le commerce des armes. La guerre suivante éclatera comme pour châtier son opportunisme : en 1940, son fils Régis Martinon, radieux jeune lieutenant, tombe sous les balles allemandes. Au soir de sa vie, malade et condamné, Martinon décide de se rendre sur la tombe de ce fils inhumé quelque part dans les Vosges. A la halte de Verdun, il déposera parmi les croix de bois une gerbe de ces roses qu'il n'aura jamais cultivées. L'étrange voyage commence. Avec cette équipée hivernale du remords et du rachat, Bernard Clavel signe un de ses romans les plus bouleversants et les plus accomplis."
C'est le récit d'un homme qui désire fleurir la tombe de son fils mort en 1940. Le récit d'un voyage émouvant et humain. C'est une histoire vécue par Augustin Laubier, le voisin de Clavel lorsqu'il habitait un petit village de la vallée du Rhône. Témoignage romancé par un auteur attaché à la terre et aux hommes.
samedi 10 novembre 2007
"La Bourrelle"
"Il y a les longues fresques où l'on s'engage à pas mesurés, mais il y a aussi ces respirations, ces petits temps de trot ou de galop que l'on aime s'offrir comme une récréation. Le plaisir de se conter une histoire dont le point de départ vous a bondi au visage, au détour d'un sentier ou au milieu d'une page. J'ai rencontré la bourrelle un matin de fin d'hiver, dans une rue de Québec. A voir comme ça, elle n'avait l'air de rien. Mais cette belle garce douloureuse et pleine de mystère m'a tiré par les basques jusqu'au jour où, entre deux romans, j'ai accepté d'écrire, sous sa dictée, sa brève histoire toute de passion et de violence. Et cette créature si lointaine a pris place parmi les êtres avec lesquels j'ai parcouru un bout de chemin, et dont le regard continuera de m'habiter jusqu'à mon crépuscule." B. Clavel
"Dans la ville de Québec, vers l'an 1700. Le mois de mars étire un hiver figé dans les neiges de la terre et les glaces du grand fleuve. Au fond d'un cachot, la jolie Jeanne Beaudoin, emprisonnée depuis trois jours, se morfond : à vingt-deux ans, elle va finir au bout d'une corde pour avoir dérobé deux robes et des mitaines aux bourgeois dont elle lavait les chemises brodées. Or, elle veut vivre, à tout prix. Et elle sait que si le bourreau épouse une condamnée, on la gracie. Mais elle sait aussi qu'être " bourrelle " est un affreux destin... Romancier de la terre de France et de ses paysans, Bernard Clavel a puisé, dans les grands espaces du Québec et la rude chaleur de ses habitants, une nouvelle source d'inspiration tout en demeurant fidèle aux thèmes qui lui sont chers."
Un court récit écrit de mars à avril 1979 qui permet de mesurer le talent de Clavel. Je parlerai de Clavel plus longuement une prochaine fois car je possède toutes ses oeuvres depuis ma pré-adolescence. C'est un écrivain de coeur et de vie. Comme Van Gogh il encense la terre et ceux qui la travaillent.















