Les lectures d'Oggy

Mes lectures et films au gré de mes journées....

jeudi 26 juin 2008

"Le reflux de la nuit" de Jean-Pierre Andrevon

Le_reflux_de_la_nuit"Une ville, une ville presque anonyme. Des rues, des espaces vides, des places et, à la lisière, un cimetière. Un cimetière où, tous les jours, se rend un homme dont la vie e été brisée par une cruelle disparition. Pour lui, Il y va d'une sorte de pèlerinage au milieu des ombres et des ténèbres et, bientôt, d'une lente et irrésistible descente vers le plus affreux des cauchemars. Car ce n'est pas impunément qu'on affronte l'univers des fantômes..."

Je n’avais pu achever mon dernier Andrevon tellement le récit était creux et vulgaire. Mais je ne peux jamais résister longtemps à une couverture du Masque fantastique. Celle-ci me fait irrésistiblement penser au Passe-Muraille de Marcel Aymé. La quatrième de couverture aiguise mes sens alors allons-y ! Andrevon a publié une première fois cet ouvrage en 1972 sous le pseudonyme d’Alphonse Brutsche. Pierre Merlin est un veuf inconsolable. Il est hanté par le souvenir de sa défunte femme Christine morte un an auparavant Tous les soirs il quitte précipitamment son bureau pour se rendre directement au cimetière. Ses collègues de l’agence d’urbanisme le plaignent. Tout son temps libre n’est consacré qu’à se rendre sur la tombe de son épouse. C’est devenu une obsession, un rite. Il se recueille et engage des conversations stériles avec Christine. Soudain il entend des voix, des murmures près de lui. Un vieil homme vient à sa rencontre. Une odeur de nuit et de tombe l’enveloppe. Il propose à Merlin de faire « revenir » son épouse. Après tout c’est le vœu le plus cher de Pierre. Le nom du vagabond est Jéobald Bornimus. Il réclame la somme de 400 000 mille anciens francs pour la résurrection de Christine.

Petite anecdote : la rue citée près du logement de Pierre Merlin est la rue Auguste Derleth ! Clin d’œil à Lovecraft. Le soir même Pierre a une terrible vision : le corps en décomposition de Christine dort à ses côtés dans le lit conjugal ! Pierre hurle de terreur… mais ce n’est qu’un mauvais cauchemar ! Le veuf accepte le contrat et l’attente commence… Le reflux de la nuit s’essouffle vers la troisième partie mais le récit est néanmoins excellent dans les descriptions. Agréablement surpris par cet Andrevon dont je conseille l’achat les yeux fermés pour les amateurs de récits de morts-vivants (je crois en connaître un !). C’est un compromis entre l’Affaire Charles Dexter Ward et Simetierre ! Court roman de 180 pages qui se lit d’une traite après un film de Romero par exemple ! Vraiment une heureuse surprise ce petit bouquin.

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vendredi 2 mai 2008

"La chambre dans la tour" de Edward F. Benson

La_chambre_dans_la_tour"Selon l'aveu même de l'auteur, ces histoires d'horreur et d'épouvante seraient écrites afin de donner au lecteur de délicieuses nausées et de lui faire passer de désagréables moments. Et de fait on frémit bel et bien en les découvrant, tant elles sont efficaces et menées de main de maître, sans bavure aucune. Fantômes, vampires, malédictions diaboliques, rêves prémonitoires, terreurs animales... ce sont là quelques-uns des grands thèmes d'Edward Frederic Benson, un des écrivains les plus brillants de la littérature fantastique anglaise contemporaine."

Encore un bouquin qui va faire saliver mon ami Fantasio ! Je ne connais pas cet auteur anglais. Edward Frederic Benson (1867-1940) descendait d'une lignée unissant religion et fantastique. Son ancêtre Edward White Benson, archevêque de Canterbury, aurait raconté à Henry James l'histoire de possession dont l'écrivain allait tirer Le Tour d'Ecrou. Suivirent Arthur Christopher Benson et Robert Hugh, auteurs oubliés du genre (ghost stories, livre des morts...). E.F Benson sort de Cambridge "bardé de diplômes" en 1889. Fouilles en Egypte en 1895 avant de finir ses jours paisiblement comme maire de Rye où avait vécu Henry James. Les deux hommes ne furent d'ailleurs jamais mariés ! Premier recueil en 1912 et le dernier en 1934. Lovecraft appréciait Benson.

Benson nous délivre un recueil horrifique découpé en trois parties. Les récits sont extraits des The EF_BensonRoom in the Tower, Visible and invisible, Spook stories et More spook stories.

Variations sur un vampire présente "La chambre dans la Tour", "Mrs Amworth" ainsi que "Et nul oiseau ne chante". La nouvelle éponyme relate l'effroyable révélation d'un rêve prémonitoire qui le poursuit depuis quinze années tandis que le deuxième récit se déroule dans le paisible village de Maxley, Sussex. Le narrateur est l'un des habitants. Son voisin se consacre à l'étude des phénomènes étranges de la nature humaine. Une veuve d'un fonctionnaire des Indes vient s'installer : c'est Mrs Amworth. Tout le monde aime aussitôt sa sociabilité sauf Francis Urcombe, le voisin du narrateur. "Et nul oiseau ne chante" est un des vers de La Belle Dame sans merci de Keats. C'est une pure merveille. Chose curieuse, la créature qui hante le bois est nommée  : "Cela" par un personnage. Comme quoi Stephen King s'en est peut-être inspiré ! Rien que pour ce court récit, ce livre doit être compulsé. Tous les textes sont narratifs et à la première personne. Cela donne de l'action à l'histoire.

Les monstres du dehors est un chapitre ne comportant qu'un seul titre : "Negotium Perambulans...". A l'extrême pointe de la Cornouaille se trouve un village isolé de pêcheurs, Polearn. L'ambiance rappelle "Dagon" de notre cher Lovecraft mais, hélas, la chose ressemble beaucoup à celle du récit précédent ! On a souvent reproché la pauvreté thématique de Benson.

Les monstres du dedans est la plus grosse partie (et la meilleure !) du recueil car on y trouve six récits... de qualités inégales. "Home sweet home" est une mélodie pianotée par le fantôme d'une femme assassinée. "Le sanctuaire" ne m'a guère convenu par contre. Je fus dans l'impossibilité de plonger dedans avec délice ! "Les chenilles" est sans doute le meilleur texte de Benson. Très court — il fait douze pages — c'est à nouveau une ghost story dont le cadre est la Villa Cascana en Italie... peuplée de maudites chenilles. "La maison du coin" est habitée par un couple dont un petit homme est terrifié par une femme monstrueuse lui bavant des injures continuellement. Un des meilleurs récits de ce recueil. "Le visage" est une nouvelle banale et éculée tandis que "Les singes" rappelle le métier de Benson car le récit traite de malédictions égyptiennes, de momies et conclut, d'honorable manière, cette anthologie.

Malgré des thèmes récurrents et des trames répétitives, Benson est néanmoins un auteur à découvrir pour parfaire sa culture de l'étrange. La prose est belle, les effets de scène sont de bonne facture ; ce qui rend un ensemble cohérent et plaisant à lire. De Benson, j'apprécie surtout les descriptions de lieux et les atmosphères climatiques. Le style "Jean Ray" n'est pas loin !

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vendredi 7 mars 2008

"Une course d'enfer" de Clive Barker

Course_denfer"Un étudiant réduit son entourage à la folie. Un coureur fantôme, dans un marathon, foudroie les concurrents de son mortel regard. Une femme remodèle la structure du corps humain. Des animaux apocalyptiques ensorcellent une fermière, un singe jaloux découpe sa petite amie à coup de rasoir... Les créatures de l'Enfer ont tant de facettes, tant de visages ! Mais elles sont parmi nous... Normal : la peur n'est-elle pas le moteur du monde ?Cinq nouvelles où le sang et le drame côtoient le rire et l'humour. Comme dans la vie. « Aucun délice n'égale la terreur, dit Clive Barker. Aussi irrésistiblement que la langue retourne tâter une dent douloureuse, nous revenons toujours à nos peurs, avec l'empressement d'un affamé devant une assiette pleine et fumante."

Deuxième volet des livres de sang. J'ai toujours considéré Barker comme du divertissement horrifique. Il ne possède pas le talent narratif du seul et unique maître de la terreur de Bangor. Ses récits se lisent vite et les effets sont rapides et faciles. Hors, la terreur doit être distillée et diluée dans l'esprit du lecteur. Barker est un descriptif précoce !

Terreur est un récit insipide. Un étudiant recherche la terreur pure chez les autres et photographie ses aspects.

Une course d'enfer est un récit original. Parmi des coureurs (lors d'une compétition londonnienne) se trouvent des familiers de l'Enfer. L'enjeu ? La domination du monde !

Le Testament de Jacqueline Ess est éprouvant et me rappelle certains effets de Society de Brian Yuzna. Une femme, après une tentative de suicide, se découvre un pouvoir terrifiant : elle peut modeler à sa guise la masse de substance qui compose un corps humain ! Par la pensée elle peut tuer et torturer.

Les Démons du désert est ma nouvelle préférée de ce recueil. Des monstres démoniaques envahissent un coin de désert. Les habitants (dont le shériff est le leader charismatique) s'organisent pour les combattre. Un enfant est né de l'union d'une femme et de créatures.

Nouveaux Assassinats dans la rue Morgue est évidemment un hommage au conte de Poe. Le descendant du Chevalier Dupin aide un ami accusé de meurtre.

Livre de sang meilleur que le précédent par sa diversité et originalité. C'est de bon augure pour la suite !

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samedi 9 février 2008

"Sang pour sang, le réveil des vampires" de Jean Marigny

VampiresLe vampire est né de fantasmes liés au sang. La première trace tangible d'une croyance sur le symbolisme du liquide vital remonte à la préhistoire. Un vase découvert en Perse dont le motif représente un homme aux prises avec un monstre tentant de lui sucer le sang.incube

La tradition de Lilitû, entité babylonienne, est multimillénaire. Le vampire, au sens strict du terme, est un produit de la civilisation européenne, notamment dans la Grèce antique et dans la tradition judéo-chrétienne.Lilitu

Les stryges, lamies et empuses sont des divinités grecques d'apparence féminine qui sucent le sang de leurs victimes endormies. A l'ère chrétienne, ce sera les succubes. Lilith, démon féminin, suçait le sang des nourrissons dans leur berceau. Lilith était issue d'un mythe assyro-babylonien et rattachée à la Genèse par une tradition rabbinique. C'est à partir du XIème siècle que commencent à se répandre des rumeurs relatives à des défunts dont le corps est retrouvé intact à l'extérieur de la tombe. C'est surtout au XIVème siècle que le vampirisme devient endémique, principalement en Prusse Orientale, en Silésie et en Bohême.

Gilles_de_raisLe XIVème siècle est superstitieux. La peste a fortement favorisé la croyance aux vampires. La première manifestation vampiriste en France est associée au procès de Gilles de Rais en 1440, le plus grand tortionnaire d'enfants que l'Histoire ait connu (plus de trois cents enfants furent torturés).

Le héros national roumain, Vlad IV a contribué à libérer son pays des envahisseursVlad_dracul ottomans. Mais Vlad Tepes l'empaleur, voïvode  de Valachie fut surtout réputé pour sa cruauté légendaire. Il fera empaler des milliers de personnes pour son seul plaisir et mettait un point d'honneur à imaginer les pires tortures. Bram Stoker s'en inspirera, quatre siècles plus tard, pour créer le mythe fondateur : Dracula.

malleusEn 1484, l'Eglise (et son pape Innocent VIII) reconnaît officiellement les morts-vivants en approuvant la publication du Malleus Maleficarum de Jakob Sprenger et Heinrich Kramer.

On ne peut parler de vampirisme sans occulter le cas singulier de laBathory comtesse Erzsébet Bathory (surnommée "La comtesse sanglante"). En 1600, après la mort de son mari le comte Ferencz Nadasdy, la comtesse trompe son ennui en s'initiant à la magie noire. Son serviteur Thorko enlèvera de nombreuses paysannes pour satisfaire les sanglants caprices de la châtelaine. Enchaînées dans les cachots du château, elles seront torturées et saignées à mort sur une période de dix ans. Le 30 décembre 1610, le comte Gyorgy Thurso (cousin d'Erzsébet) investit le château avec des soldats.

La comtesse sera gardée en captivité jusqu'à sa mort dans une chambre murée. Ses complices, dont la nourrice Ilona Joo, le majordome Johannes Ujvary et une sorcière nommée Darvula seront tous exécutés. Le château de Csejthe sera laissé à l'abandon.Csejthe Les ruines serviront, très probablement, de modèle à Bram Stoker, du fait de murailles imposantes et d'un sinistre donjon, le tout sur un éperon rocheux qui domine le paysage. Le vampire légendaire est capable de se transformer en toutes sortes d'animaux, comme les araignées ou les papillons, mais aussi en brouillard ou en fétu de paille. Le cinéma lui ajoutera des crocs et des chauve-souris !

StokerLe vampire entre dans la littérature en prose par une nouvelle intitulée "The Vampyre" de John William Polidori (1795-1821). Cette nouvelle est inspirée d'un récit inachevé de lord Byron. Le vampire Darvell devient lord Ruthven. Le conte sera publié en avril 1819 dans le New Monthly Magazine. Le premier chef-d'oeuvre du genre est "La morte amoureuse" de Théophile Gautier. Charles Nodier reprendra le flambeau dans ses Contes ainsi qu'Alexandre Dumas qui écrit, à son tour, un Vampire en cinq actes et joué en 1851.

Le thème du vampire finit par lasser le public jusqu'en 1871 où Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu renoue avec le mythe et annonce le Dracula de Stoker. La première adaptation cinématographique est le cultissime Nosferatu de Friedrich Murnau dont la sortie en 1922 passe inaperçue. Le premier film parlant est le Dracula de Tod Browning en 1931 avec Bela Lugosi qui impose l'image collective du vampire. En 1957, il se fera enterrer avec le costume qui avait fait sa gloire. Le second plus grand interprète sera Christopher Lee, notamment dans Le Cauchemar de Dracula de Terence Fisher, premier film en couleurs de 1958.

nosferatu

lugosi

Lee

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mercredi 30 janvier 2008

"La peste grise" de Dean R. Koontz

Peste"La manipulation du cerveau a fait d'immenses progrès. Hier c'était encore de la science-fiction. Aujourd'hui c'est la terreur à Black River. Demain... Dès son arrivée à Black River, Paul Annendale se trouve plongé dans une atmosphère de cauchemar. Un mal mystérieux s'est abattu sur la ville. Jusqu'à ses vieux amis qui semblent changés, terrorisés, en proie à des troubles étranges contre lesquels la médecine reste impuissante. Peu à peu, il commence à comprendre qu'un groupe de militaires a choisi la ville et ses habitants pour se livrer à une expérience diabolique, premier pas vers une prise du pouvoir à l'échelon mondial. Parviendra-t-il, avant qu'il ne soit trop tard, à désamorcer la formidable bombe psychologique enfouie à Black River ?"

Deux hommes déversent un produit chimique dans un lac en amont de la ville de Black River au milieu de la nuit. Ils repartent et à 12h30 se séparent. A 16h00 Rossner reçoit un appel lui signifiant de quitter l'autoroute et de percuter un mur. A 16h10 Holbrook est également contacté. Rossner heurte le mur à 160 km/h et Holbrook se tranche les veines dans la baignoire du motel où il se trouve. Nous sommes le samedi 06 août 1977.

On peut dire que le roman démarre fort ! Puis, peu à peu, Koontz pose ses personnages. Un veilleur de nuit de la scierie (proche du lac)  a aperçu les deux hommes dans la nuit. Un homme (avec fils et fille) vient à Black River pour des vacances ; quelques habitants locaux pour présenter le décor et surtout un scientifique associé avec un homme d'affaires. Des recherches sur le subliminaire sont effectuées afin de modifier les réactions motivationnelles du subconscient. Ceci intéresse fortement les militaires. Contrôler les cerveaux des hommes en maîtrisant leurs pulsions. Le principe est simple : une drogue amorce le cerveau comme une pompe pour l'ouvrir à la subception ; de telle sorte qu'un individu obéira à toute directive reçue subliminalement. Dawson (le boss) et Salsbury (le créateur du procédé) arrivent à convaincre le général Klinger (responsable de la sécurité sur 14 états américains) de rendre une faille possible au centre de recherches du Brockert Institute, afin que Salsbury puisse sortir en fraude des bandes magnétiques de renseignements. Dawson a financé un laboratoire dans sa propre maison pour achever le processus.

Le récit souffre de longueurs certaines et les pulsions sexuelles inassouvies de Salsbury (qui profite de son pouvoir pour contraindre des femmes à se déshabiller et à les cogner) rappellent Le déclic de Manara ! Disons que le langage ordurier employé par le personnage prête à sourire et est hors de propos. On peut également regretter une édition truffée de fautes d'orthographe. Le contexte ressemble plus à un scénar de série B au final. Vous pouvez lire ce bouquin si vous avez du temps à perdre !!!

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samedi 19 janvier 2008

"Livre de sang" de Clive BARKER

Livre_de_sang"L'enfer a ses bourreaux...

Un train qui s'enfonce dans la nuit, chargé d'une marchandise immonde... le train de l'Abattoir !... Une maison hantée par un démon maléfique et cruel qui s'acharne à rendre fous ses habitants... Une énorme truie dont l'appétit monstrueux exige des sacrifices humains... Des géants sanguinaires faits d'hommes enchaînés, de corps convulsés... Simon McNeal, vrai ou faux médium, réceptacle de ces récits atroces, sera-t-il un objet de vengeance de la part de ces hordes de morts qu'il a évoquées ? Plus sombres qu'un cauchemar, puisées dans les ténèbres de l'âme, voici les histoires écrites sur le Livre de Sang ! Celles d'un monde de terreur où les morts se révoltent et se vengent des vivants !"

Clive Barker (né le 5 octobre 1952), est un romancier anglais, un scénariste de Bande dessinée, un peintre et un cinéaste (Hellraiser notamment). Avec Les livres de sang, il propose un panorama complet du fantastique contemporain, dont il évoque tous les aspects à chacune des nouvelles de ses recueils.

BarkerPremier volume paru en 1984. Le prologue est LE LIVRE DE SANG... qui présente, en somme, les récits ultérieurs inscrits sur les chairs des suppliciés qui se croisent dans le carrefour des morts. "Les morts ont leurs artères. Elles défilent, infaillibles alignements de trains fantômes, de rames de rêve, à travers la désolation qui s'étend derrière nos vies, portant un trafic éternel d'âmes envolées."

Le premier arrêt est LE TRAIN DE L'ABATTOIR. C'est de loin le meilleur récit. On suit un individu qui partage le wagon du Boucher du Métro. Des corps sont dépecés et accrochés par les pieds au plafond. Actes d'un tueur en série ? Vous le découvrirez au... terminus de la rame maudite.

JACK ET LE CACOPHONE a une tendance plus humoristique. Un démon mineur s'ennuie ! Il doit obliger un homme terne et insipide à vendre son âme. Malgré les efforts du démon, l'homme reste imperturbable. LA TRUIE possède une touche nettement plus gore que le récit précédent. Dans un Centre de Réhabilitation de jeunes délinquants, un professeur fraîchement débarqué observe un phénomène singulier dans une ferme délabrée au fond de la cour : une truie magnifique aux comportements étranges.

LES FEUX DE LA RAMPE vous rappellent le film éponyme de Charles Chaplin ? Détrompez-vous ! Ici, rien de tel. C'est une nouvelle assez stéréotypée et banale. Ca me rappelle un peu le thème du fantôme à l'opéra ou un mauvais film de la Hammer. Rien de transcendant dans ce récit.

DANS LES COLLINES, LES CITES est le dernier texte. Il est très original (des cités forment un corps constitué d'hommes pour batailler !) et conclut ce recueil de belle manière. Ce livre de sang est varié et offre un bon divertissement malgré des personnages un peu trop caricaturaux. N'est pas King qui veut !

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samedi 8 décembre 2007

"Les proies de l'ombre" de Charles L. GRANT

Grant"La vie de tous les jours dans une petite ville d'Amérique : les maisons aux pelouses ombragées, les enfants qui jouent dans les jardins, les hommes qui s'affairent dans leurs bureaux...

Et puis, silencieusement, insidieusement, une faille, une fêlure qui menace cet uni­vers tranquille : des enfants qui empruntent un toboggan vers l'ailleurs, une vieille dame qui joue du piano pour dérober le bonheur des autres, des bruits de pelle dans la nuit, des balançoires qui oscillent toutes seules et sans l'aide du vent, un accident de voiture condamné à se répéter pour l'éternité, un amour absolu aux conséquences horribles, un héritage de sang, des souvenirs d'adolescence qui se révèlent mortels...

Et, tout au bout, la terreur, une terreur si douce...

Onze contes fantastiques modernes par celui que Stephen King considère comme « un des meilleurs écrivains de sa génération, ou de n'importe laquelle ».


Né en 1942. Charles L. Grant est une des figures de premier plan du fantastique moderne anglo-saxon II a écrit dans ce domaine plus d'une vingtaine de romans et de recueils de nouvelles, sans parler de ses œuvres sous pseudonymes, le plus souvent humoristiques. Il est également l'anthologiste le plus important du genre et a déjà fait paraître dix volumes de la série Shadows. ainsi qu'une dizaine d'autres anthologies comme Nightmares, Terrors, Horrors, etc.. où l'on trouve les meilleurs auteurs de fantastique. Charles L. Grant a reçu deux fois le Nebula Award pour ses œuvres de science-fiction et il a été couronné par trois fois du World Fantasy Award pour ses nou­velles et ses anthologies dans le domaine du fantastique. En France, ses nouvelles ne figurent que dans quelques anthologies (dont, chez NéO, « Trois saigneurs de la nuit » de Jacques Finné). Ce volume constitue donc une première à ne pas manquer".

Agréablement surpris pour l'ensemble des récits proposés dans ce recueil. Une originalité de l'intrigue se développe à chaque conte et les thèmes de prédilection de l'horreur sont bien remaniés. Un parc pour enfants avec une faille vers un nulle part, le vampirisme dans une mégalopole... le tout est de bonne facture !

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vendredi 7 décembre 2007

"Le maître du passé" de Robert BLOCH

Le_maitre_du_passe"Une étrange pension de famille réservée aux monstres... Un vampire qui a des problèmes dentaires... Un collectionneur de blondes très "spécial"... Les machines en révolte contre les humains... Un recueil de huit nouvelles inédites mélangeant horreur, humour et science-fiction."

Anthologie éditée en 1988 de nouvelles composée par Stéphane Bourgoin. Elle se compose de huit récits mélangeant horreur, humour et science-fiction. C'EST ARRIVE DEMAIN... (février 1943) utilise le thème familier de la révolte des machines sur l'humain (Ravage, Maximum Overdrive...) tandis que LA PENSION DES MONSTRES (juin 1939) est une merveille d'épouvante. Une pension de famille abrite des phénomènes de foire ; on y ressent un malaise à la "Freaks" et c'est savoureux ! Un vampire a des problèmes dentaires ; ce qui oblige son dentiste à comploter un traitement spécial à son patient pour se débarrasser de lui dans UNE DENT CONTRE LUI (mai 1950).

Un collectionneur venu d'ailleurs adule un type de femmes : les blondes. Il propose à une femme rencontrée dans "un endroit beuglant où on danse" de l'accompagner sur le toit de l'immeuble où se trouve sa soucoupe ! La chute est délicieusement cruelle dans ce J'AIME LES BLONDES (janvier 1956).

Nous avançons en pleine uchronie avec LA MACHINE QUI CHANGEA L'HISTOIRE (juillet 1943). Hitler se fait rouler par Napoléon furieux de s'apercevoir que le Führer a des vues sur la France. Suivent C'EST PAS SORCIER (février 1939), EDIFICE COMPLEXE (février 1958) et LE MAITRE DU PASSE (janvier 1955).

Recueil bien sympathique malgré des intrigues un peu éculées et mineures dans l'Oeuvre du grand Bloch. A posséder néanmoins !

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mardi 4 décembre 2007

"L'enterrement des rats... et autres nouvelles" de Bram stoker

stoker

"Crime et chatoiement... Entre Margareth et Geoffrey, le torchon brûle. Altercations, menaces, tentative d'assassinat... Lorsque Geoffrey récidive et enterre la morte dans l'âtre du grand hall à Brent's Rock, il est saisi d'effroi... Entre les vieilles pierres poussent inlassablement les cheveux d'or de Margareth... Les sables mouvants ne sont pas moins traîtres. Enlisé dans une sombre histoire, alors qu'il séjourne en Ecosse, Arthur Markam voit son double disparaître dans les marais de Crooken. Fantôme ou divagations dun esprit fantaisiste ? La réalité dépasse la fiction et plus souvent qu'on ne le pense... Pour preuve, cette aventure sordide dans les Terres inconnues des Chiffonniers où les rats sont, à tout prendre, moins féroces que les humains... Des nouvelles à l'humour macabre..."

Coup_de_coeur

B"L'enterrement des rats", qui précède trois autres récits, est un joyau d'épouvante... que seul peut composer le magistral Stoker, l'auteur de Dracula.

Un touriste pénètre dans les terres sordides et reculées du peuple des chiffonniers, aux environs de Paris, en 1850. Il se retrouve dans une cabane, suite à l'invitation d'une vieille femme. Intrigué par divers objets (notamment une hache sanglante laissée dans un coin) et par des regards furtifs, il comprend que cette cabane est "un piège à tuer". Il s'enfuit subitement parmi les monticules d'immondices qui parsèment les marécages alentours. Ce récit qui n'a pas perdu de sa force horrifique date de 1874.

La suivante relate l'étrange aventure d'un homme dont la Reine des Bohémiennes lui prédit un avenir d'assassin. Sauf qu'il sera l'assassin de sa propre femme ! C'est "une prophétie de bohémienne" parue en 1883.

Les deux dernières sont "les sables de Crooken" (1894) et "le secret de l'or qui croît" (1897).

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mercredi 14 novembre 2007

"Les cercles de l'épouvante" de Jean Ray

Cercles"Une main abominable, un génie idiot, une monstruosité aérienne, une figure étrange dans une assiette de Moustiers, un miroir opaque, un possédé, un exorciste... Ce sont là les images et les êtres ténébreux qui peuplent l'univers des contes reproduits dans le présent volume, où éclate à chaque page, presque à chaque ligne, le génie visionnaire de Jean Ray, un des maîtres incontestés de la littérature fantastique contemporaine."

Certains contes de ce recueil rappellent des mouvances Lovecraftiennes, notamment le récit de "l'auberge des spectres" dont la fin est d'une abomination rare. On y retrouve des classiques de Ray ("La main de Goetz Von Berlichingen") mais on déplore l'absence de "La ruelle ténébreuse" ! J'ai vraiment sublimé le récit "Le cimetière de Marlyweck" (nouvelle de 1943) qui retranscrit bien l'univers de Jean Ray. Un recueil à détenir absolument...

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