Les lectures d'Oggy

Mes lectures et films au gré de mes journées....

mardi 27 mai 2008

"Le magasin des suicides" de Jean Teulé

suicides"Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort !...
Imaginez un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre jusqu'au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre, en la personne du petit dernier, Alan..."

Le résumé de Fantasio m'était resté en mémoire. Je connaissais Teulé par son fabuleux Gens de France. La famille Tuvache dirige une entreprise familiale d’accessoires pour réussir son suicide ! Les parents font la gueule, leurs deux enfants dessinaient des horreurs à la maternelle. Ils sont endormis chaque soir avec une histoire de suicide célèbre. Tout va bien pour la famille et les affaires marchent.

Hélas, une ombre au tableau se présente : la naissance du benjamin Alan dont l’optimisme s’affiche sur son visage. L’enfant sourit ! Rien ne va plus chez les Tuvache. En grandissant Alan multiplie les fautes de goûts : il souhaite le « bonjour » aux clients et non un « mauvais jour » comme il se doit. Il leur dit « au revoir » au lieu du traditionnel « adieu » lorsqu’ils sortent. Bref Alan fout la merde ! Les deux enfants ont des prénoms de suicidés célèbres : Marilyn et Vincent ! La boîte de nuit locale est la discothèque Kurt Cobain ! Des clients téléphonent pour inviter le couple à leur enterrement prochain. Et le pauvre Alan qui souhaite de beaux rêves à ses parents le soir. Mishima et Lucrèce Tuvache ne peuvent que soupirer de désespoir. C'est une bonne petite histoire de Teulé ma foi. C'est burlesque et l'atmosphère rendue donne le sourire. A lire pour la curiosité.

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samedi 17 mai 2008

"Le vieux qui lisait des romans d'amour" de Luis Sepúlveda

Le_vieux"Lorsque les habitants d'El Idilio découvrent dans une pirogue le cadavre d'un homme blond assassiné, ils n'hésitent pas à accuser les Indiens de meurtre. Seul Antonio José Bolivar déchiffre dans l'étrange blessure la marque d'un félin. Il a longuement vécu avec les Shuars, connaît, respecte la forêt amazonienne et a une passion pour les romans d'amour. En se lançant à la poursuite du fauve, Antonio José Bolivar nous entraîne dans un conte magique, un hymne aux hommes d'Amazonie dont la survie même est aujourd'hui menacée."

Le vieux qui lisait des romans d'amour est le premier roman de Luis Sepúlveda, un écrivain chilien. En quelques jours il reçut deux prix littéraires. Sepúlveda est né au Chili en 1949 et fut emprisonné par des militaires chiliens lors du coup d’état. Contraint à l’exil il parcourut l’Amérique Latine et vécut en Amazonie chez les indiens Shuars, où se passe d’ailleurs l’histoire présente. Ce roman est dédié à son ami Chico Mendes, défenseur acharné de la forêt amazonienne, assassiné par des hommes de main de grands criminels pour qui le progrès est synonyme de destruction aveugle du continent vert et, à travers lui, de l’homme et son environnement, des rites tribaux et de la culture universelle des peuples minoritaires. Des d'habitants d'El Idilio, petit village situé au bord de la forêt amazonienne, découvrent un corps mutilé, un gringo vraisemblablement tué par une ocelote dont il aurait tué les petits pour s'emparer de leurs peaux. L'ocelote, folle de douleur, s'attaque alors aux hommes et met en danger le petit groupe d'habitants. Le vieux Bolivar est alors chargé par le maire de retrouver le félin et de l‘abattre, par sa grande expérience de la survie dans ce milieu hostile. C’est un roman simple à posséder absolument si vous avez encore une once d’écologie dans le cœur et une âme d’explorateur.

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samedi 22 mars 2008

"La burlesque équipée du cycliste" d'H.G Wells

cycliste"Des Don Quichotte, chaque époque en voit naître une kyrielle. Au début du siècle, ils enfourchaient un vélo, comme cet Hoopdriver qui se lance sur les routes campagnardes afin de mieux maîtriser sa Rossinante d'acier. Ainsi, sans le vouloir, au cours de son périple, le petit vendeur de calicot découvre l'amour. Mais la Dulcinée peut être envoûtée par un suborneur. Alors commence la véritable aventure. Elle a le parfum des Pickwick papers de Dickens. Elle aurait pu être interprétée par Buster Keaton. En effet, on sourit ou on rit de cette équipée, mais, quelquefois, le rire se coince dans la gorge."

Coup_de_coeur

Wells fut un précurseur. Il prédira les batailles aéronavales, les destructions au laser, l'apesanteur et les manipulations génétiques... mais peu de gens connaissent ses satires sociales empreintes d'une touche de poésie comique et désenchantée.

"La burlesque équipée du cycliste" (The Wheels of the Chance) est un roman que je porte dans mon coeur depuis tout gamin. Hoopdriver est un respectable commis dans le magasin de nouveautés de M.M. Antrobus et Cie et s'empresse de satisfaire les moindres désirs de la clientèle. On peut d'ailleurs sourire envers ce patronyme car "Hoop" signifie cerceaux ou, en argot de Dublin, une personne en arrière ; ce qui correspond bien à la nature de notre personnage. Un peu naïf et épris de rêves littéraires puisés dans la lecture de romans d'aventures.

HoopdriverL'histoire débute le 14 août 1895. Hoopdriver présente de nombreuses éraflures et contusions car il s'adonne à une dangereuse passion : la bicyclette ! Notre héros apprend à pédaler sur un vieux biclou capricieux et avide de chutes. Une semaine de congés lui est octroyée. Il met donc à profit ces courtes vacances pour partir en excursion le long de la côte sud anglaise, malgré les railleries de ses collègues. Le premier jour de congé est féérique et débute par une matinée radieuse. Hoopdriver a revêtu son complet de cycliste et prend la route. Les gamelles commencent sur le bord du chemin. Le maniement de l'engin, notamment le freinage, est d'une rare complexité et demande des réflexes, inconnus de notre héros ! Malgré l'enthousiasme enfantin de notre ami à dévaler les routes de Kingston Vale et Kingston Hill, un mal insidieux s'impose, lentement et impitoyablement, autour des genoux et des mollets : les crampes.

Vers Surbiton, il croise la Jeune Dame en Gris, elle aussi montant une bicyclette. Voulant la dépasser (plus par fierté que par exploit sportif) il rencontre une palissade en planches avant de s'écrouler au sol. La jeune femme s'arrête et s'inquiète de l'état du malheureux cycliste avant de filer à son tour. Orgueilleux, il reprend son clou (le vélo est une antiquaille) et décide de la rattraper. D'ailleurs un gamin le croise et lâche une somptueuse réplique non dénuée de raison : "Tiens, un singe sur un gril !"

Arrivé à Esher, il déjeune à l'auberge du Marquis de Granby. Il discute avec un tourbillonnant personnage (dont les théories sur les goûts contemplatifs et les tempéraments actifs sont savoureuses de pertinence) avant de poursuivre son périple sur la route de Ripley. Après un malentendu, notre homme est pris pour un détective par celui qui accompagne la Jeune Dame en Gris. C'est un homme marié épris de la jeune fille. Celle-ci n'est pas amoureuse et cherche à s'enfuir. Hoopdriver l'aide à fuir dans la nuit et fauche les deux bicyclettes neuves du couple. Des nouveaux sentiments apparaissent et le grotesque et absurde Hoopdriver se métamorphose. La jeune femme se nomme Jessie et a dix-huit ans. Hoopdriver s'affuble d'un faux nom et se fait passer pour son frère. Hoopdriver fait désormais dans le chevaleresque et l'onirique. Sauver la damoiselle en détresse au péril de sa vie est devenue sa ligne directrice. Son destrier n'est point un cheval ou une mule mais un simple vélo.

Au réveil, devant sa glace, Hoopdriver fait le bilan de sa vie. Education modeste, instruction moyenne, pas de talents particuliers, un physique qu'il décrit comme "un poireau monté en graine et des épaules étroites". Hoopdriver est amer en contemplant son complet de camelote ; ce n'est pas dans ses moyens de jouer les amoureux ! C'est un roman tendre et cruel qui rend Hoopdriver attachant sur le final. Malgré ses espoirs, il retrouve son travail insipide et les portes se referment sur lui.

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dimanche 16 mars 2008

"L'or" de Blaise Cendrars

OR"Les discours se succèdent. Le général Suter est absent, perdu dans sa rêverie.
Des tonnerres d'applaudissements ébranlent les voûtes de l'immense salle de spectacle. 10 000 voix clament son nom. Suter n'entend pas.
Il joue nerveusement avec l'anneau qu'il porte au doigt, le tourne, le change de doigt et se répète à mi-voix l'inscription qu'il y a fait graver : LE PREMIER OR — DÉCOUVERT EN JANVIER 1848"

Biographie romancée de John Suter écrite en 1925 par Cendrars. Un étranger vient établir un passeport pour la France au nom de Johann August Suter, natif de Rünenberg mais le syndic de sa commune refuse d'émettre un certificat d'origine. L'étranger franchit la frontière suisse. Il vient d'abandonner sa femme John_Suteret ses quatre enfants !

Suter a trente et un ans. Il est né en 1803 à Kandern, Grand-Duché de Bade. Il arrive dans le pays du Doubs, traverse la Bourgogne, passe par Paris, roule sur Beauvais, Amiens et Abbeville avant d'achever son périple sur le port du Havre. "Johann August Suter, banqueroutier, fuyard, rôdeur, vagabond, voleur et escroc" embarque pour les Etats-Unis, New York. Sa femme restera quatorze ans sans avoir de ses nouvelles. La merveilleuse et terrible histoire du général Suter débute un dimanche. Nous sommes en 1834.

La prose de Cendrars nous emporte dans la narration de ce destin tragique d'un homme qui perd tout sur un coup du sort... ou plutôt un coup de pioche donné par James W. Marshall, charpentier.

 

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jeudi 13 mars 2008

"Fantasia chez les ploucs" de Charles Williams

fantasia« "Ah ! ça, pour un été, c'était un fameux été ! Comme dit Pop (Pop, c'est papa), les fermes, c'est fortifiant, et pour ce qui est d'en trouver une plus fortifiante que celle à mon oncle Sagamore, on peut chercher." Le narrateur a dix ans. Il vit seul avec son père, une crapule. Ils vont se cacher chez l'oncle, un faux tanneur qui laisse pourrir des peaux pour couvrir l'odeur de sa distillerie clandestine. Arrive un autre larron avec une call-girl. Tout ce petit monde s'échauffe un peu. C'est le livre le plus filou, le plus arsouille, le plus tendre, et surtout le plus drôle, que j'aie jamais lu. »

Mon deuxième livre dans la collection PIMENT (après Cul de Sac de Kennedy). J'ai souvent entendu parler de ce bouquin (paru pour la première fois en 1956) et j'ai profité d'un tour en ville pour me le procurer. Le premier chapitre est jubilatoire et donne une bonne bouffée d'oxygène ! Tout le récit est énoncé par un gosse dont on comprend que son père le traîne de champs de courses en états américains tout en évitant les services sociaux. Le gamin n'a pas le recul pour deviner la situation exacte et notre regard de lecteur adulte comprend la situation tacite d'un père zonard et asocial.

En vadrouille dans le Texas, ils se retrouvent chez l'oncle Sagamore qui tient une ferme. Deux adjoints du shériff lui cassent les burnes concernant une sombre affaire d'alcool de contrebande mais l'oncle est catégorique : le pichet qu'il tient à la main est un médicament ! Peu après un homme loue une partie du champ pour se tenir à l'écart avec une belle pépée dont l'air de la campagne est primordial pour sa santé ! La vraie raison est évidemment toute autre. C'est du grand burlesque aux dialogues corrosifs.

L'histoire se complique ! Les deux adjoints cherchent le flagrant délit de contrebande. Mais celui qui chopera Sagamore Noonan n'est pas né ! Ils attrapent le fermier en possession de quatre mystérieux bocaux à la couleur ambrée. Ils l'amènent illico chez le shériff. Hélas c'est la déconvenue ! La bourde du siècle ! C'est du jus de tannage pour analyses dans les bocaux ! La fureur du shériff est un pur moment comique. Peu après, on apprend que la pin-up (qui donne des cours de natation au gosse, vêtue uniquement d'un bikini en diamants) est une strip-teaseuse recherchée par le FBI pour sa protection. Elle est le témoin principal d'un crime intergangs crapuleux. Des hommes de main sont à leur recherche et les retrouvent. Ca mitraille dans tous les coins mais pour Billy, aucun doute n'est permis : ce sont des chasseurs de lapins ! Sagamore organise une battue pour retrouver la danseuse... presque nue et affamée. Il dispose une annonce et ce sont des milliers d'hommes qui rappliquent pour sauver la demoiselle en détresse ! Noonan fait payer 1 dollar les emplacements de parking, les hamburgers, les attractions... car c'est toute une kermesse qui se monte. Noonan est un génie dans son genre.

Achetez ce bon petit bouquin. Ce n'est pas un sommet de la littérature mais vous rigolererez un bon moment avec toute cette flopée de guignols avides de gains et de magouilles (ah ça va ensemble ?) sous le regard naïf et attendrissant de l'enfance... pas encore dépravée !

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jeudi 13 décembre 2007

"Ecrire, pourquoi ?" Collectif

Ecrire_pourquoi"Quarante et un écrivains et poètes majeurs ou en devenir qui participent à l'invention de la littérature ont accepté de répondre à la question "Ecrire, pourquoi ?" Ce premier livre des éditions Argol, est une remarquable chambre d'écho des questions de l'écriture contemporaine. La première proposition d'une ligne éditoriale singulière et intranquille."

Comme l'énonce Catherine Flohic en préface, elle est devenue éditrice dans le seul but "de publier des voix singulières... préférant se tenir du côté des libraires curieux et des lecteurs disponibles plus qu'on ne le dit à être transformés par La littérature".

Ce premier livre des Editions Argol (référence Au Château d'Argol de Julien Gracq) donne la plume à une quarantaine d'auteurs fidèles à son projet éditorial. La question posée est simple : "Ecrire, Pourquoi ?"

Les réponses seront diverses et le processus de création est largement développé au fil des pages.

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Les éditions Argol.

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mardi 23 octobre 2007

"Le joueur d'échecs" de Stefan ZWEIG

Zweig"Czentowicz, champion d'échecs arrogant, esprit borné à outrance, inculte et étonnamment stupide, occupe le premier plan jusqu'à l'entrée en scène de Monsieur B. Dès lors que cet aristocrate autrichien s'intéresse à la partie livrée entre le champion et les passagers amateurs, la direction du texte bascule. Par un effet de symétrie, la narration se transforme en un face à face tendu entre un esprit brillant et rapide à l'intelligence abstraite et un cerveau au pragmatisme brutal, incapable de projection véritable. Mise en scène percutante de la résurrection de la folie, cette nouvelle oscille entre ouverture et enfermement. Dans cette avancée implacable de la stupidité destructrice, allégorie de la victoire du nazisme mais aussi chef-d'oeuvre de composition, Zweig s'intéresse peu à la survie du corps, préférant montrer les réactions de l'esprit, qui trouve un symbole parfait dans ce jeu éminemment intelligent mais désespérément stérile. Publié en 1943, un an après le suicide de son auteur, Le Joueur d'échecs fait figure de testament dans l'oeuvre de Zweig".

Coup_de_coeur

Une nouvelle d'une intensité dramatique incroyable. Le deuxième personnage supplante le héros principal (le champion du monde d'échecs) par son récit. La narration est époustouflante de qualité et Zweig est une heureuse surprise. Du coup, j'en ai acheté deux autres que je vais m'empresser de lire.

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mercredi 17 octobre 2007

"Eclats de vie" de Jeannette Insurgé

dodoche"Une femme ne s'en laisse pas compter par les agressions de la vie... Elle a consigné ses coups d'éclats en une série de nouvelles riches en émotions et en contrastes... Cela donne un étonnant panorama social, un puzzle décapant, apportant réconfort et bonheur au lecteur qui, dans ses réactions salutaires, ne se sentira plus jamais seul."

JeannetteACHETER CE LIVRE ! (C'est un ordre)...

Tout d'abord je tiens à remercier Jeannette pour son émouvante dédicace, dont je garde la quintessence pour moi ! Merci Jeannette.

Ce livre est salutaire !

Conter les vicissitudes d'une vie est difficile sans tomber dans le mélo. Jeannette a réussi ce pari, sans fioritures, sans effets de style pompeux et Proustiens, sans équivoque... mais avec le coeur tout simplement.

Cette autobiographie débute par l'apprentissage d'une machine infernale d'une autre époque : une dodoche ! Cela peut porter à rire ces notions de conduite surnaturelles : essuie-glaces récalcitrants, moteur bruyant, embrayage poussif, bassine sous le siège..) mais détrompez-vous ! C'est l'émancipation d'une femme qui commence par l'obtention du redoutable permis de conduire. C'est la liberté autour du paté de maisons ! C'est un époux goguenard que l'on devine méfiant et... jaloux sans doute. C'est apprivoiser la lenteur et la récalcitrance... ce qui dictera la suite de sa vie. Et on quitte à regret l'épisode "Dodoche", la bougie qui saute, l'embrayage centrifuge, l'amorçage de la pompe au petit matin, le créneau diabolique, la direction sans assistance, la copine françoise et les enfants à l'arrière, les virées dans la campagne environnante. Salut dodoche !

Suivent des pensées métaphysiques empreintes d'une rare poésie. Je ne peux que vous distiller certains passages d'une beauté sage et colorée : "Visualisez une clairière avec un arbre en son milieu, d'une beauté et d'une force extraordinaire, d'une puissance et d'un charisme incroyable ! De par sa force, on penserait que son écorce est rugueuse. Eh bien non ! La tendresse de son coeur transparaît dedans, m'irradiant d'une douceur réconfortante, tout comme celle d'un édredon de plumes. Ses branches m'enveloppent pour transformet le vent en douceur de miel. Plus de froid, plus de peur, plus d'angoisse ni de doute.Ses ramures chargées de fruits accueillent des oiseaux de toutes sortes. Le magnétisme qu'il dégage ne laisse passer que les amis et les animaux pleins de tendresse. Les parasites ou les animaux emplis de mauvais instincts sont tenus à distance." Nous découvrons l'enchantement du premier rire d'un nouveau-né, les souvenirs enfouis dans le coffret de l'âme qu'il est bon d'ouvrir parfois, c'est de la tendresse mêlée à l'amertume. Ce livre est sucré-salé ! C'est épicé et suave. "Un joli petit chemin de terre encadré de verdure, d'herbes impertinentes et de fleurs malicieuses me font un signe d'invitation et je ne résiste pas ! Quel bonheur ! Je me promène dans un tableau de carte postale. C'est magique ! Mon esprit respire !"

C'est la vie dans ce qu'elle comporte de bien et de pire... le pire on y arrive hélas ! Drames de la vie insurmontables qu'il faut relever pourtant. La petite Laetitia qui s'éteint à quatre ans d'une maladie orpheline, la copine Danielle qui laisse un message enregistré avant son dernier voyage, l'exclusion de deux fils qui ne comprennent pas ou plus une mère dont l'orgueil est un simulacre de douleur, c'est le décès d'un époux. "Ma route ! Elle est solide ma route ! Je l'ai pavée moi-même avec mes petites mains, mon coeur, mon âme et ... une pioche ! Les pavés que j'ai enterrés avec force et avec soin sont ceux de mes drames, mes deuils, mes chagrins. J'ai creusé, enfoui, cimenté, lustré et je veille au grain, pour les glissements de terrain ou les coulées d'eau intempestives !"

On repart sur des accents plus légers, notamment l'installation de l'A.D.S.L avec Horacle, le dog-sitting et les gouttes pour le clébard sous le flegme du chat persan Madness (celui sur la photo !).

Les combats contre les administrations, les médecins, les normes sociales essaiment ce torrent existentiel et sont autant de coupures, de coupures tranchantes et purulentes, dans un destin fortement marqué par l'incompréhension et le deuil. Le deuil c'est aussi l'ignorance et l'indifférence des autres. C'est la lutte contre la drogue (un combat de deux ans pour sortir son fils de cet enfer), ce sont des pensées pour les amis et parents d'antan, la narration d'un viol collectif, la haine des supermarchés, les Noël d'enfance, des réflexions sur l'écriture...

C'est un livre indispensable et tragique. Il permet de montrer que la vie n'est faite que de petits riens... et c'est déjà beaucoup !

117 textes de vie, d'amour, de fraîcheur, de mélancolie et de mort. Jeannette, tu mérites une royale révérence pour ça !

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lundi 30 juillet 2007

"Les vieillards de Brighton" de Gonzague SAINT BRIS

vieillards"Au début des années cinquante, en Angleterre, un petit garçon , fils de diplomate français, se retrouve placé par ses parents dans un asile de vieillards à Brighton.
Dans ce manoir gothique, face à la mer, cet enfant de cinq ans déambule au milieu d'un cauchemar et lutte pour survivre, au coeur de la vieillesse. "On m'isole, on me camisole. A six heures du soir, on m'a déjà donné à dîner et je ne sais pas pourquoi on me force à me coucher avant les autres. La crainte de voir arriver les vieillards est grande car je ne m'habitue pas à leur cortège de fantômes qui progresse dans le dortoir."
Ainsi défilent le grand Will, écrivain maudit, Lady Beckford, grand dame au caractère altier, le Brigadier Général, ancien officier des Indes et espion de l'Intelligence Service, Faïence Folie, pute au grand coeur. Sommerset, loup de mer sadique. Oscar, cuisinier gay, et l'abbé Corentin, qui a pour cultes Dieu et les chemins de fer. C'est toute une Angleterre qui ressuscite, de Shakespeare à Jack l'Eventreur, en passant par l'impératrice Victoria et Winston Churchill.
Dans ce livre poignant, Gonzague Saint Bris révèle le secret de son enfance: Les Vieillards de Brighton est le roman de sa vie."

J'ai relu ce livre qui m'avait impressionné par une prose désuète et romantique à la fois. Ce récit est empreint de nostalgie anglaise et nous sommes emportés par le lyrisme de l'auteur. Un livre étrange et à découvrir absolument.

De plus, j'ai eu la chance de discuter quelques instants avec l'auteur lors d'un salon et je vous dévoile sa dédicace :

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dimanche 29 avril 2007

"Le vieil homme et la mer" d'Ernest HEMINGWAY

vieilhommeUn grand roman de ce cher Ernest ! Histoire simple et émouvante : la ténacité d'un vieux pêcheur (nommé santiago) qui n'attrape plus rien depuis 80 jours. Il piste un espadon qui va l'emmener loin. Au bout de terribles efforts, il parvient à ramener le gigantesque poisson au village... mais les requins se sont chargés de l'espadon en cours de route.

Coup_de_coeur

Roman d'amitié et d'entraide entre un ancien et un jeune garçon qui le soutient dans cette quête inutile et vouée à l'échec... en somme le thème cher à Hemingway... le triomphe dans la défaite. Roman court qui lui amena sur un plateau doré le Prix Nobel de Littérature en 1954 et le Pulitzer en 1953 !

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