Les lectures d'Oggy

Mes lectures et films au gré de mes journées....

mercredi 27 juin 2007

"L'écluse n° 1" Maigret

21361_0"Le 9 avril, après une soirée trop arrosée, le père Gassin tombe de la passerelle de sa péniche, La Toison d'Or, amarrée sur le quai de Charenton (Paris, France). Bien que fin saoul, le vieil homme tente en silence de se hisser hors de l'eau. Soudain, il se met à hurler : quelqu'un s'agrippe à sa jambe… Alertés, des passants et des mariniers unissent leurs efforts pour repêcher les deux hommes. Le second n'est autre qu'Emile Ducrau, armateur de péniches et patron de Gassin.

Avant de pousser Ducrau dans le canal, on lui a planté un couteau dans le dos. C'est la raison pour laquelle il demande l'intervention de la police et que le commissaire Maigret — à la veille de la retraite — ouvre une enquête sur cette affaire. Comme il faisait nuit, Ducrau n'a pas vu son agresseur."

"Quand on observe des poissons à travers une couche d'eau qui interdit entre eux et nous tout contact, on les voit rester longtemps immobiles, sans raison, puis, d'un frémissement de nageoires, aller un peu plus loin pour n'y rien faire qu'attendre à nouveau.
C'est dans le même calme, comme sans raison aussi, que le tramway 13, le dernier «Bastille-Créteil », traîna ses lumières jaunâtres tout le long du quai des Carrières. Au coin d'une rue, près d'un bec de gaz vert, il fit mine de s'arrêter, mais le receveur agita sa sonnette et le convoi fonça vers Charenton.
Derrière lui, le quai restait vide et stagnant comme un paysage du fond de l'eau. A droite, des péniches flottaient sur le canal, avec de la lune tout autour. Un filet d'eau se faufilait par une vanne mal fermée de l'écluse, et c'était le seul bruit sous le ciel encore plus quiet et plus profond qu'un lac."

Ecrit en 1933.

Un Maigret classique dans son intrigue mais sans surprise de taille. A lire pour s'aérer l'esprit.

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mardi 5 juin 2007

"Liberty Bar" MAIGRET

25660_0Cela commença par une sensation de vacances. Quand Maigret descendit du train, la moitié de la gare d'Antibes était baignée d'un soleil si lumineux qu'on n'y voyait les gens s'agiter que comme des ombres. Des ombres portant chapeau de paille, pantalon blanc, raquette de tennis. L'air bourdonnait. Il y avait des palmiers, des cactus en bordure du quai, un pan de mer bleue au-delà de la lampisterie.
Et tout de suite quelqu'un se précipita.
« Le commissaire Maigret, je pense ? Je vous reconnais grâce à une photo qui a paru dans les journaux... Inspecteur Boutigues... »
Boutigues ! Rien que ce nom-là avait l'air d'une farce ! Boutigues portait déjà les valises de Maigret, l'entraînait vers le souterrain. II avait un complet gris perle, un oeillet rouge à la boutonnière, des souliers à tiges de drap.
« C'est la première fois que vous venez à Antibes ?»

Maigret arrive dans le Sud de la France. L'ambiance est superbement rendue, nous suons avec Maigret et la douce farniente nous envahit peu à peu. C'est un bon petit polar qui nous laisse un goût de vacances. Un très bon Maigret.

Ecrit en 1932. Période prolifique pour Simenon et son commissaire.

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dimanche 20 mai 2007

"Le port des brumes" MAIGRET

16153_0"Quand on avait quitté Paris, vers 3 heures, la foule s'agitait encore dans un frileux soleil d'arrière-saison. Puis, vers Mantes, les lampes du compartiment s'étaient allumées. Dès Evreux, tout était noir dehors. Et maintenant, à travers les vitres où ruisselaient des gouttes de buée, on voyait un épais brouillard qui feutrait d'un halo les lumières de la voie.
Bien calé dans son coin, la nuque sur le rebord de la banquette, Maigret, les yeux mi-clos, observait toujours, machinalement, les deux personnages, si différents l'un de l'autre, qu'il avait devant lui.
Le capitaine Joris dormait, la perruque de travers sur son fameux crâne, le complet fripé.
Et Julie, les deux mains sur son sac en imitation de crocodile, fixait un point quelconque de l'espace, en essayant de garder, malgré sa fatigue, une attitude réfléchie."

Ecrit en 1932. Un Maigret classique qui se lit très vite. Intrigue simple et sans complexité.

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mercredi 2 mai 2007

MAIGRET "Le fou de Bergerac"

6046_0"Blessé par un mystérieux agresseur au cours de son voyage, Maigret s'est arrêté dans un triste état à Bergerac. A l'hôtel d'Angleterre, il occupe la meilleure chambre et, cloué au lit, il contemple la grand-place provinciale toute d'ombre et de lumière. Une scène de théâtre derrière laquelle s'agite un fou. Un fou - le commissaire en est persuadé - qui parle, qui rit, qui va et vient comme tout le monde.
Paralysé et impénétrable, immobile, bien calé contre ses oreillers, Maigret scrute, enflamme, galvanise les habitants de cette petite ville. Peu à peu, des choses troubles et dramatiques apparaissent. On donnerait cher pour le voir disparaître.
- Vous êtes obstiné, commissaire?
- Vous savez, quand on est couché toute la journée et qu'on n'a rien à faire..."

Ecrit en 1932. Un Maigret assez moyen et une intrigue fine comme du papier à rouler !

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mercredi 11 avril 2007

MAIGRET "Chez les Flamands"

4583_0"Quand Maigret descendit du train, en gare de Givet, la première personne qu'il vit, juste en face de son compartiment, fut Anna Peeters.
A croire qu'elle avait prévu qu'il s'arrêterait à cet endroit exactement! Elle n'en paraissait pas étonnée, ni fière. Elle était telle qu'il l'avait vue à Paris, telle qu'elle devait être toujours, vêtue d'un tailleur gris fer, les pieds chaussés de noir, chapeautée de telle sorte qu'il était impossible de se souvenir ensuite de la forme ou même de Ici couleur de son chapeau.
Ici, dans le vent qui balayait le quai où n'erraient que quelques voyageurs, elle paraissait plus grande, un peu plus forte. Elle avait le nez rouge et elle tenait à la main un mouchoir roulé en boule.
«J'étais sûre que vous viendriez, monsieur le commissaire... »
Etait-elle sûre d'elle ou sûre de lui? Elle ne souriait pas pour l'accueillir. Elle questionnait déjà …"

Ecrit en 1932.

Un Maigret de bonne facture mais moyen dans l'ensemble. A lire lors d'une soirée pluvieuse !

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jeudi 5 avril 2007

MAIGRET "L'ombre chinoise"

15590_0"Il était dix heures du soir. Les grilles du square étaient fermées, la place des Vosges déserte, avec les pistes luisantes des voitures tracées sur l’asphalte et le chant continu des fontaines, les arbres sans feuilles et la découpe monotone sur le ciel des toits tous pareils.
Sous les arcades, qui font une ceinture prodigieuse à la place, peu de lumières. A peine trois ou quatre boutiques. Le commissaire Maigret vit une famille qui mangeait dans l’une d’elles, encombrée de couronnes mortuaires en perles.
Il essayait de lire les numéros au-dessus des portes, mais à peine avait-il dépassé la boutique aux couronnes qu’une petite personne sortit de l’ombre.
C’est à vous que je viens de téléphoner ?
Il devait y avoir longtemps qu’elle guettait. Malgré le froid de novembre, elle n’avait pas passé de manteau sur son tablier. Son nez était rouge, ses yeux inquiets".

Ecrit en décembre 1931. Un Maigret à lire absolument tant les personnages sont intéressants et l'intrigue bien ficelée.

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MAIGRET "La danseuse du gai-moulin"

lp_14410"Au Gai-Moulin, l'atmosphère est provinciale, pesante, à peine équivoque. Adèle y danse et entraîne de rares clients au rythme d'un orchestre désuet. Comment un riche étranger de passage at-il pu se faire abattre dans un endroit aussi anodin ?
Mais où est passé le commissaire? Un "Maigret" sans Maigret, c'est tout de même étrange ! Il est là pourtant, dans l'ombre, massif et accusateur. Anonyme, une fois n'est pas coutume.
Sans les quitter d'une semelle, il traque des petits bourgeois médiocres et des fils de famille pris au piège d'une affaire qui manifestement les dépasse. Jusqu'au jour où apparaît enfin cette fameuse "preuve morale" qui précipite le dénouement".

Paru en 1931. Un Maigret moyen mais plaisant à lire. Les MAIGRET font en moyenne 190 pages pour dix à douze chapitres. Simenon écrivait un MAIGRET entre 5 et 10 jours ! Ca laisse rêveur...

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MAIGRET "Pietr le Letton"

27933_0Au cours de l'été 1929, Simenon, qui naviguait en mer du Nord, est obligé de s'arrêter pour réparer dans un petit port hollandais. En attendant, il s'installe dans une péniche abandonnée. "Cette péniche où j'installais une grande caisse pour ma machine à écrire, une caisse moins importante pour mon derrière, allait devenir le berceau de Maigret. Allais-je écrire un roman populaire comme les autres ?
Une heure après, je commençais à voir se dessiner la masse puissante et impassible d'un monsieur qui, me sembla-t-il, ferait un commissaire acceptable. Pendant le reste de la journée, j'ajoutai quelques accessoires : une pipe, un chapeau melon, un épais pardessus à col de velours. Et je lui accordai, pour son bureau, un vieux poêle de fonte."
Le lecteur qui ouvre pour la première fois l'inquiétant "Pietr-le-Letton", ne se doute peut-être pas qu'il va assister à un événement considérable: la naissance de Maigret.


"Un escroc international débarquant à Paris. Un cadavre qui lui ressemble comme un sosie. Un milliardaire américain aux affaires pas toujours très propres, bientôt assassiné à son tour. Une villa à Fécamp, un hôtel misérable rue du Roi-de-Sicile...
Tels sont les ingrédients d'une intrigue riche en péripéties, qui est également celle où Maigret, pour la première fois, fait son apparition dans l'oeuvre de Georges Simenon. Un Maigret déjà sûr de sa méthode : s'immerger dans un milieu, se pénétrer des existences qui l'entourent, afin de localiser la faille révélatrice dans la personnalité d'un suspect".

Le premier MAIGRET écrit mais publié après "Monsieur Gallet décédé", "Le pendu de Saint-Pholien", "Le charretier de la Providence" et "Le chien jaune". Paru en 1931 et écrit en septembre 1929. Ce livre n'est pas une réussite mais il a le mérite de présenter les débuts du commissaire ! La période la plus prolifique des MAIGRET s'étend de 1930 à 1933 (19 MAIGRET, dont 8 pour l'année 1931 !). Le dernier datant de 1972.

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MAIGRET "Le charretier de la Providence"

8932_0"Sur un yacht, à l'écluse 14 de Dizy, près d'Epernay, une femme a été assassinée : Mary Lampson, l'épouse d'un Anglais, colonel en retraite. Quelques jours plus tard, alors que Maigret a commencé son enquête, c'est au tour de Willy, l'homme de confiance du colonel et l'amant de Mary d'être tué.
Non loin de là vit jean, le charretier de la péniche La Providence, en compagnie de ses chevaux de halage et d'une femme, Hortense Canelle. Divers indices ont orienté Maigret vers lui. Mais quel rapport peut-il exister entre cet homme taciturne et le couple Lampson ?
Maigret finira par le découvrir loin dans le passé. Et le destin obscur et pathétique du charretier de La Providence émergera peu à peu des brumes".

Paru en 1931. Un excellent Maigret qui promène sa carcasse chez les mariniers. L'atmosphère humide du lieu est extrêmement bien rendue. Ce Maigret, je l'ai lu d'une traite dans le TGV l'été dernier ! Autant vous dire que lorsque le contrôleur m'interrompît pour une vulgaire et impertinente présentation de billet, mon oeil fut mauvais !

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dimanche 25 mars 2007

MAIGRET "Monsieur Gallet décédé"

709868462Le premier Maigret publié (et non écrit !).

Résumé :

"La toute première prise de contact entre le commissaire Maigret et la mort, avec qui il allait vivre des semaines durant dans la plus déroutante des intimités, eut lieu le 27 juin 1930 en des circonstances à la fois banales, pénibles et inoubliables.
Inoubliables surtout parce que, depuis une semaine, la Police Judiciaire recevait note sur note annonçant le passage à Paris du roi d'Espagne pour le 27 et rappelant les mesures à prendre en pareil cas.
Or, le directeur de la P.J. était à Prague, où il assistait à un congrès de police scientifique. Le sous-directeur avait été appelé dans sa villa de la côte normande par la maladie d'un de ses gosses.
Maigret était le plus ancien des commissaires et devait s'occuper de tout, par une chaleur suffocante, avec des effectifs que les vacances réduisaient au strict minimum.
Ce fut encore le 27 juin au petit jour qu'on découvrit, rue Picpus, une mercière assassinée.
Bref, à neuf heures du matin, tous les inspecteurs disponibles étaient partis pour la gare du Bois-de-Boulogne, où on attendait le souverain espagnol.
Maigret avait fait ouvrir portes et fenêtres et, sous l'action des courants d'air, les portes claquaient, les papiers s'envolaient des tables.
A neuf heures et quelques minutes arrivait un télégramme de Nevers :
Emile Gallet, voyageur de commerce, domicilié à Saint-Fargeau, Seine-et-Marne, assassiné nuit du 25 au 26, Hôtel de la Loire à Sancerre. Nombreux détails étranges. Prière prévenir famille pour reconnaissance cadavre. Si possible envoyer inspecteur de Paris
."

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