vendredi 6 juin 2008
"Dolores Claiborne"
"De son propre aveu, Dolores Claiborne n'est qu'une vieille garce : mauvais caractère, mauvaise langue, mauvaise vie. A Little Tall, on ne sait toujours pas exactement ce qui s'est passé il y a trente ans, et si l'accident qui, le jour de l'éclipse, a couté le vie au mari de Dolores Claiborne était vraiment un accident... Aujourd'hui, la vieille dame indigne est à nouveau soupçonnée : la riche et sénile Vera Donovan, dont elle est la gouvernante depuis des décennies, vient d'être découverte morte dans sa demeure. Seul témoin et seule héritière, Dolores fait figure de coupable idéale. Elle n'a désormais plus le choix : elle doit passer aux aveux. Raconter les étranges phobies qui habitaient sa maîtresse, se souvenir de l'horreur qu'elle vécut il y a trente ans. Dire toute la vérité : une vérité terrifiante."
Dolores Claiborne est un roman original par sa construction car nuls chapitres ne sont présents. C’est une longue déposition de Dolores face à deux policiers et une sténographe. Elle est accusée du meurtre de Vera Donovan son employeur. Elle avoue l’assassinat de son mari vingt-neuf ans auparavant mais nie farouchement celui de Vera, femme cruelle et autoritaire. Dolores fut sa femme de chambre, sa dame de compagnie puis sa garde-malade. Trente années de bons et loyaux services à subir les caprices de Donovan. Dolores Claiborne relate le calvaire subi auprès de Vera. Son despotisme était sans limite. Six pinces pour les draps, tel produit pour la baignoire, la disposition des paillassons… à cela s’ajoute les paralysies et la sénilité de Vera. Dolores se tait et supporte. Elle tue son mari durant l’éclipse du 20 juillet 1963 mais nie farouchement avoir fait chuter Vera Donovan dans l’escalier. Ce roman est surtout le récit de la maltraitance d’une femme. Maltraitances physiques, morales et sociales réservées aux femmes dans les années 50 et 60. Mais il y a pire ! Son mari Joe pratique des attouchements sur leur fille Selena. Roman fort sur les rapports féminins, la vieillesse, le départ des enfants et la dureté de la vie. Un véritable tour de force de King pour ce long monologue de 320 pages. La lecture est fascinante.
dimanche 1 juin 2008
"Brume" de Stephen KING
"Auteur de nombreux romans adaptés au cinéma (Shining, Cujo, Christine, Firestarter (Charlie), Dead Zone, Stand By Me...), Stephen King nous propose ici en quelque sorte une série de courts et moyens métrages, tous destinés à nous faire éprouver le délicieux frisson de la peur. Dans la longue nouvelle qui donne son titre au recueil, l'horreur surgie de la brume, qui assaille un supermarché, est moins à craindre que celle qui gît au fond des âmes. Dans "Le chenal" qui clôt ce livre, le tendre récit de la fin d'une vie nous montre comment apprivoiser la mort en dansant dans la neige avec nos chers disparus. Entre ces deux contes, le célèbre auteur américain aura joué sur toutes les cordes de la sensibilité, dans le décor superbe de ce Maine où il vit, alliant un truculent réalisme aux fantaisies inquiétantes de l'imagination. « Maintenant, agrippe-toi à mon bras. Serre fort. Nous allons traverser bien des endroits sinistres. Mais je crois que je connais le chemin. »
Brume est un recueil de nouvelles dont la nouvelle éponyme est la plus longue. Ce recueil couvre une période de 17 années d'écriture. Des gens se trouvent coincés dans un supermarché tandis qu'une brume épaisse envahit le pays. Des monstres tentaculaires et oiseaux préhistoriques évoluent dans le brouillard. Une hystérique religieuse sème le trouble dans la foule. Nouvelle adaptée dernièrement par Darabont, sous le titre The Mist. En ce lieu, des tigres où le souvenir de la première institutrice du King à Stratford dans le Connecticut. Et si un tigre venait la boulotter dans les toilettes ? Le King n'aurait pas été contre ! Récit surréaliste. Le singe est un jouet maléfique (thème de la couverture) qui revient hanter l'homme qui le trouvât enfant. La révolte de Caïn est troublant car il est prémonitoire du massacre de Columbine et rappelle évidemment le roman Rage écrit sous Bachman. Un étudiant abat froidement ses camarades de campus. Il est adossé à la fenêtre, un fusil à lunette dans la main. Le raccourci de Mme Todd me plaît par sa narration enjouée. Mme Todd (qui apparaît sous les traits de Tabitha King) est une fana des raccourcis, notamment pour relier Castle Rock à Bangor. Les chemins empruntés deviennent de plus en plus courts et défient le temps et l'espace. Puis Mme Todd disparaît un jour. Un homme se souvient d'une expédition. L'excursion, chose rare chez King, est un récit à forte tendance SF dont le thème est la téléportation sur Mars. Nouis suivons Carune, l'inventeur du procédé, 320 ans auparavant, en 1987. La conclusion est atroce. Le gala de noces se passe durant la prohibition. Un mafieux invite un groupe de jazz aux épousailles de sa frangine. Une seule condition : ne pas se moquer d'elle car elle est grosse, un vrai dinosaure humain. Paranoïa : une mélopée tient sur trois pages ! Un homme est envahi d'une paranoïa universelle. Le monde entier conspire contre lui. Le radeau est une histoire que vous pourrez voir adaptée dans Creepshow 2. Quatre étudiants se baignent dans un lac et rejoignent un radeau ancré à cinquante mètres du rivage. Le premier jet écrit en 1968 fut perdu par Steevie (c'est un de ses défauts de perdre plein de manuscrits !). Machine divine à traitement de texte parut à l'époque dans Playboy et lui rapporta deux mille dollars. Bon récit très plaisant à parcourir contrairement à L'homme qui refusait de serrer la main que j'ai trouvé assez basique avec une conclusion sans surprise. Sables : un vaisseau fédéral s'écrase sur une planète. Plus précisément sur une immense mer de sable. Deux hommes sont à bord, le troisième étant mort. Face au désert, la fin est inéluctable pour l'équipage car l'eau vient à manquer. Un vaisseau vient les secourir. Récit bizarre qui rappelle Twilight Zone. L'image de la Faucheuse est foutrement intéressant. Dans un musée des curiosités, on enlève le miroir de Delver car des cleints tentent régulièrement de le détruire. Miroir maléfique aux effets troublants depuis des siècles. Un homme défie le miroir et se place devant, malgré les avertissements du conservateur. Nona relate la cavale sanglante d'un homme possédé. Sa fuite se termine dans un caveau avec sa belle. Pour Owen est un hommage touchant du King envers son fils atteint d'obésité. Le goût de vivre ou la volonté réelle de survie d'un homme qui fait preuve de cannibalisme envers son propre corps pour survivre après un naufrage. Le camion d'oncle Otto fut écrit après un long voyage de Steevie en voiture. Le camion existe vraiment. Récit du style de "Christine". Un véhicule se venge d'un assassinat et reprend sa place dans le champ. Livraisons matinales (laitier n°1) par le méchant Spike, laitier chez Cramer. Je ne vous conseille pas d'être sur le chemin de sa tournée. Grandes roues : où l'on lave son linge sale en famille (laitier n°2) : un loser doit passer un contrôle technique. Hélas sa Chrysler 1957 est foutue. Mémé est un récit touchant où un enfant est confronté à la mort de sa grand-mère. Il est seul dans la maison et ne sait pas quoi faire, ni comment réagir... surtout lorsque la mémé désire l'étrangler ! Un des meilleurs récits de ce recueil. La ballade de la balle élastique où un éditeur narre le suicide d'un jeune auteur prometteur, rendu célèbre avec sa nouvelle "La Ballade de la balle élastique" et son premier roman "Les Mafiosi". Succès éditorial et adaptation cinématographique. Un enfant fut à l'origine du drame. Le thème est la folie. Le chenal est une nouvelle que j'apprécie car cela se passe sur l'Ile de la Chèvre et j'adore les histoires qui se développent sur une île. Pas d'échappatoire possible sur une terre ceinte d'eau. Il ne reste que les hommes et des consciences. Stella Flanders, la plus ancienne résidente de l'île, se souvient...
Recueil complet du King qui aborde des thèmes fondamentaux sur les destinées.
Le trailer de The Mist, l'adaptation de la nouvelle "Brume" par Frank Darabont :
jeudi 22 mai 2008
Le Pistolero - Cycle de La Tour Sombre 1
« L'homme en noir fuyait à travers le désert et le pistolero le poursuivait... »
Dernier aventurier d'une époque qui ressemble à la nôtre, Roland le Pistolero est poussé par une force inconnue. Au-delà de cette chasse à l'homme, ce qu'il cherche, c'est la Tour. A la croisée des temps, lieu de rencontre de notre univers et d'autres mondes... Voilà vingt ans que dure cette poursuite. Pour Roland, l'enjeu est maintenant de rattraper l'homme en noir. Lui seul -il l'a vu en rêve — peut l'éclairer sur son avenir. Le sorcier doit tirer trois cartes qui vont lui ouvrir trois portes. Vers l'enfer ou le paradis ? Nul ne le sait encore. En attendant, tous deux marchent. Hallucinés. Ne pouvant se soustraire l'un à l'autre. Sous l'oeil vigilant du gardien de la Tour...
Enfin j'ai trouvé le courage d'entamer le fameux cycle de La Tour Sombre ! Roman fleuve du King car la saga de sept tomes compte des milliers de pages ! Cycle commencé en 1982 par ce premier volet : Le Pistolero. Stephen King a écrit le premier volume à 22 ans (il n'était encore qu'étudiant) avant de le faire publier sous forme de nouvelles en 1982.
Le récit commence dans un désert aride. Un pistolero poursuit un sorcier : l'homme en noir. Il rencontre, au
début de son périple, un frontalier nommé Brown. Zoltan, un corbeau, l'observe. Un plat de maïs et d'haricots est servi au Pistolero. Sa mule exténuée par le voyage meurt durant son sommeil. Le corbeau en profite pour lui manger les yeux. Le Pistolero raconte son histoire au frontalier. Il vient de traverser la ville de Tull. Episode incroyable ! Le King nous présente des habitants hallucinés : un fumeur d'herbe du diable mort et ressuscité par l'homme en noir, une serveuse de bar, un palefrenier, un pianiste... et une plantureuse prédicatrice nommée Sylvia qui prêche contre lui, contre l'Intrus. Le Pistolero se défend contre la population vengeresse. Jouant avec ses pistolets, il abat 39 hommes, 14 femmes et 5 enfants ! Toute la ville est décimée. Cort est celui qui a appris le maniement des armes à roland le Pistolero solitaire. La religion est très présente dans le cycle. Notre monde est mort mais subsistent quelques résurgences comme la chanson Hey Jude devenue une comptine. Le Pistolero trouve un gamin lors de sa traversée. Le gosse se nomme John "Jake" Chambers. Il a vu l'homme en noir passer dans le coin il y a une à deux semaines. Jake a des images de Manhattan en tête. Des flashs de grands bâtiments, d'une statue dans l'eau. Le Pistolero l'hypnotise pour qu'il décrive des détails de son inconscient. Roland se souvient aussi de quelques bribes de son enfance. Avec son ami Cuthbert, ils subissent des entraînements impitoyables avec le vieux soldat Cort. La chasse au faucon fait partie de leur apprentissage. Dix ans passent avant que le monde ne change avec l'homme de bien. Roland a vu mourir son père et a tué sa mère. Toutes les routes mènent-elles à des exécutions ? Sauf peut-être celles qui mènent à la Tour ! La quête de la Tour. Jake trouve l'Oracle. Les visions de Roland les font repartir de l'oasis. Après douze années de traque, ils rencontrent l'homme en noir dans les montagnes. Celui-ci propose une entrevue à Roland... seul ! Le pistolero abandonne l'enfant. Le temps n'est plus. La Tour est le carrefour du temps. De sa vie d'avant, seuls trois éléments subsistent : Roland, l'homme en noir et la Tour.
mercredi 7 mai 2008
"Misery"
"Misery, c'est le nom de l'héroïne populaire qui a rapporté des millions de dollars au romancier Paul Sheldon. Après quoi il en a eu assez : il a fait mourir Misery pour écrire enfin le "vrai" roman dont il rêvait. Et puis il a suffi de quelques verres de trop et d'une route enneigée, dans un coin perdu... Lorsqu' il reprend conscience, il est allongé sur un lit, les jambes broyées dans l'accident. Sauvé par une femme, Annie. Une admiratrice fervente. Qui ne lui pardonne pas d'avoir tué Misery. Et le supplice va commencer."
Je me confesse ! Je n'avais jamais lu ce bouquin du King à ma grande surprise ! Ou alors je ne me souviens plus ! Qui ne se rappelle pas le visage effroyable du personnage de Kathy Bates ? C'est un roman kingien court : seulement 440 pages ! Le roman commence par une citation de Friedrich Nietzsche : "Quand tu regardes en l'abîme, l'abîme aussi regarde en toi". Le ton est donné ! Un écrivain célèbre pour sa série des Misery dont l'histoire se déroule à la fin du 19ème siècle fait mourir l'héroïne Misery Chastain dans son dernier roman Misery's Child. Abreuvé de champagne pour avoir enfin "enterrer" ce personnage à l'eau de rose, Paul Sheldon a un accident de voiture. Il est recueilli par Annie Wilkes, infirmière et rustre femme... admiratrice numéro un de Misery ! Dès les premières pages, la folie meurtière de Wilkes transparaît dans ses dialogues et ses réactions. Sheldon est soigné mais Wilkes vient d'acquérir Misery's Child et découvre la mort de son héroïne préférée... A partir de cet instant, tout dérape ! Les brimades commencent, cruelles, sordides... De l'eau de serpillière pour avaler les médicaments, laisser Sheldon crever de soif et allongé dans sa pisse (il a eu les deux jambes brisées lors de l'accident) ou pire encore : obliger Sheldon à brûler son manuscrit de l'après Misery ! Exemplaire unique envolé en fumée. Son admiratrice est formelle ; Sheldon ne doit faire que du Misery. De plus c'est un roman dans le roman ! Stephen King nous gratifie de quelques chapitres du Retour de Misery. Ainsi nous entrons dans le monde d'Annie et comprenons sa folie. J'arrête ici mon résumé car la suite est effroyable. La scène du film où Annie lui brise les chevilles avec une masse n'est rien comparé à ce qui arrive à l'écrivain dans le roman. C'est du grand King.
samedi 19 avril 2008
"Blaze"
"Colosse au cerveau ramolli par les raclées paternelles, Clay Blaisdell, dit Blaze, enchaîne les casses miteux. Son meilleur pote, George, lui, est un vrai pro, avec un plan d'enfer pour gagner des millions de dollars : kidnapper le dernier né des Gerard, riches à crever. Le seul problème, c'est qu'avant de commettre le "crime du siècle", George s'est fait descendre. Mort. Enfin, peut-être..."
Bouquin béni des Dieux de la Connaissance ! J'ai gagné ce livre lors du concours organisé par Stephen King de A à Z (lien ami à droite) en répondant à un questionnaire sur Richard Bachman. Blaze est une particularité à lui seul. Il fut écrit avant Carrie ! Rédigé sous le pseudo de Bachman entre 1966 et 1973, c'est le dernier des romans de Bachman (Rage, Marche ou crève, Running Man, Chantier et La peau sur les os). Steevie le trouva mauvais et l'oublia durant quelques années. Le manuscrit fut déposé dans un carton dans un coin de la bibliothèque Folger de l'université du Maine durant trente ans ! Le King admet aussi avoir perdu deux autres manuscrits : Under the Dome et The Cannibals. Blaze fut donc révisé et publié. Les droits d'auteur iront à la fondation Haven. Mais passons tout de suite à l'intrigue...
... On voit tout de suite que c'est une oeuvre de jeunesse car Steevie souffre d'habitude d'éléphantiasis littéraire contrairement à Blaze qui comporte des chapitres très courts et peu développés dans la psychologie des personnages. Psychologie guère poussée d'ailleurs pour Blaze le colosse hanté par la voix de son mentor George, un caïd à la petite semaine. Le père de Blaze a eu la bonne idée de jeter son gamin trois fois de suite dans l'escalier. Depuis Clayton "Blaze" Blaisdell est retardé mental avec une carrure de colosse. Entraîné vers des combines foireuses par George, Blaze sert de main-d'oeuvre pour les boulots de merde, du genre voler une tire... encore faut-il penser à baisser le capot ou éteindre la loupiote du plafonnier ! Le dernier plan foireux de George est d'enlever le bébé d'une riche famille d'armateurs : les Gerard. Hélas, George n'est plus et ne subsiste que dans la tête de Blaze. Le colosse décide de mettre en oeuvre le rapt. Purs moments de lecture à la vue de Clayton faisant ses courses dans un magasin pour nourrissons ou bien encore le braquage d'une boutique pour quelques dollars... surtout penser à mettre le bas sur le visage ! Blaze pénètre chez les Gerard en pleine nuit et enlève le nourrisson. En parallèle nous assistons à des flashbacks sur l'adolescence de Blaze à Hetton House, un pensionnat pour orphelins et enfants difficiles. Il y règne une discipline de fer. Il se fait un copain : John Cheltzman, qui l'aide à faire ses devoirs de maths en contrepartie d'une protection car John est le souffre-douleur de ses camarades. Ensemble ils font une virée mémorable à Boston après avoir trouvé un portefeuille rempli de dollars dans un cinoche. L'épisode de la cueillette des myrtilles est le plus touchant, voire dramatique. Le destin de Blaze se trompe de sens à ce moment hélas.
C'est un bouquin divertissant du King. La lecture est aisée, ça se lit comme un bon polar à la James Hadley Chase (comme le remarquait mon pote Fantasio) et Blaze est attachant dans ses déboires. De nombreuses touches comiques parsèment l'histoire. Ce roman de jeunesse permet de découvrir une facette du King plus légère et moins complexe. Roman moins ambitieux que tous les autres mais qui offre l'occasion d'un excellent compromis entre deux récits plus corsés... du genre de La Tour Sombre par exemple !
mercredi 9 avril 2008
"Shining, l'enfant lumière"
"Shining c'est Danny, l'enfant médium dont la seule présence réveille les forces maléfiques d'un palace vide et coupé du monde. C'est là qu'un destin cruel a jeté Danny et ses parents.
C'est là que le don de l'enfant va faire surgir des monstres, des fantômes, des corps innommables. Le passé du palace maudit envahit le présent... et veut la mort de Danny. Il est seul entre une mère terrorisée et un père devenu fou...
Shining un film de Stanley Kubrick, un succès sans précédent : «La vague de terreur qui balaya l'Amérique ». Grand Prix du Festival d'Avoriaz."
Mea Culpa ! Je n'avais jamais lu ce roman culte du King ! Comme beaucoup, je me suis contenté du film et ma curiosité intellectuelle s'est satisfaite de ce vulgaire compromis. Et quelle erreur ! C'est un bouquin hallucinant. 500 pages d'un récit qui se dévore comme la folie dévore le héros Jack Torrance atteint du "mal des blédards". Torrance est un ancien prof tombé dans une déchéance d'alcoolique. Il dépose depuis des années, sur un manuscrit de pièce de théâtre, toute sa médiocrité et un labeur inutile d'écrivaillon raté. Ses penchants pour la boisson -et la violence envers son fils (celui-ci fait tomber de la bière sur les feuillets de LA PIECE et se fait casser le bras par un père fou de haine) et sa femme Winnifred dit "Wendy"- font craindre le pire. Le divorce n'est pas loin car Jack a perdu son boulot d'enseignant. Normal lorsqu'on frappe un étudiant qui vous a crevé les pneus. La solution ou le retardement de l'échéance du couple est le repli dans les montagnes. Un ami lui fourni un emploi de gardiennage d'hiver dans l'hôtel Overlook, palace de 110 chambres. Le cuisinier révèle à Danny qu'il possède le Don. Le gamin de cinq ans a des visions d'avenir. Viens ici petit merdeux. Ce séjour forcé lui fait peur. Où te caches-tu petit merdeux ? Son compagnon invisible Tony le met en garde. Jack est ravi de cette solitude. Il va pouvoir enfin se consacrer à LA PIECE de toute son âme.
Danny ressent de plus en plus l'oppression des lieux. Il faut dire aussi que le précédent gardien a pété les
plombs. Ses deux filles furent massacrées à la hache et il tira sur sa femme avec un fusil de chasse avant de retourner l'arme sur lui. Tu vas recevoir ta raclée, sale garnement. Danny possède donc le shining, le pouvoir de ressusciter les choses et les évènements passés. Les incidents maléfiques tapis dans l'hôtel vont se réveiller et entraîner Torrance dans une satanée spirale. Pour Wendy, cette retraite forcée est l'occasion de sauver son foyer en péril. Hélas les mauvaises manies de Jack, insidieuses, menaçantes et paranos vont percer la carapace déjà ébranlée de l'écrivain. Wendy est sous la coupe d'une mère agressive et aigrie tandis que Jack se remémore une enfance rythmée de brutalités d'un père alcoolique et d'une mère déconnectée de la réalité. Un frère sera tué au Vietnam. Jack commence à entrevoir son père dans des délires psychotiques ; la haine se distille dans tous les pores de Jack. Son cerveau s'embrume de paranoïa destructrice. Le mal est là. La fin est purement hallucinante. Au final, pas grand chose à voir avec l'adaptation de Kubrick ! Pas de scène de hache mais un autre ustensile est utilisé pour les joutes hôtelières ! Le côté maléfique de l'emprise de l'hôtel sur Jack est netement plus accentué dans le roman. Il ne faut pas oublier non plus un aspect primordial du roman : le rôle de la chaudière ! J'oubliais un parallèle important : la similitude du récit avec La Mort Rouge de Poe. Un extrait est cité en préface. Les couleurs sont importantes dans ce roman, ce sont des balises dans la folie destructrice de Torrance.
jeudi 28 février 2008
"Salem"
"Le Maine, 1970. Ben Mears, un jeune écrivain, revient à Salem s'installer à Marsten House, inhabitée depuis la mort tragique de ses propriétaires. Mais très vite, il devra se rendre à l'évidence : il se passe des choses étranges dans cette bourgade. Un chien est immolé, un enfant disparaît, et l'horreur s'infiltre, s'étend, se répand, aussi inéluctable que la nuit qui descend sur Salem..."
Il me fallait absolument la nouvelle édition du second chef-d'oeuvre du King : SALEM ! Elle comporte une préface de l'auteur datée de 2005, des scènes coupées dans le roman de 1977, une postface de 1999 et deux nouvelles en rapport avec Salem parues dans le recueil Danse Macabre : "Un dernier pour la route" et "Celui qui garde le ver". Des illustrations inédites en noir et blanc assurent à l'ensemble une lecture plaisante et indispensable pour les fans.
Ben Mears est hanté par un souvenir vécu enfant dans une maison. Marsten House fut le théâtre de crimes horribles. Ben découvre un pendu à l'étage. Le King présente les personnages de Jérusalem's Lot dans les premiers chapitres. Ben est un écrivain. Il désire acquérir la demeure de Marsten House juchée en haut d'une colline mais il apprend que celle-ci a été vendue à un certain M. Straker et son associé Barlow. Ils achètent la maison et ouvrent une boutique d'antiquités (tiens, tiens... serait-ce un prélude à Bazaar ???). Peu à peu l'horreur s'empare de Salem. Un homme découvre un chien empalé sur la grille du cimetière ; un enfant disparaît tandis que son frère Danny décède peu après à l'hôpital d'une sorte d'anémie pernicieuse. Le chef de la police municipale Parkins Gillespie mène son enquête et soupçonne les "étrangers" Straker, Barlow et Mears d'un lien quelconque envers la disparition de Ralphie Glick.
C'est le second roman du King et une de ses oeuvres favorites. Admirateur du célèbre Dracula de Bram Stoker (dont il rappelle les nombreux points communs parodiés chez Le Seigneur des Anneaux) depuis l'enfance, ce roman ravive le mythe avec force détails et galerie de personnages dans une petite bourgade de la Nouvelle-Orléans. Roman plus personnel que Carrie, on y discerne les futurs thèmes de Ca, Le Fléau, Bazaar, La tempête du Siècle où la religion a une part importante dans les dérives en sus des peurs d'enfance et analyses sociales de l'Amérique profonde. Le King est un sociologue de l'horreur !
mercredi 23 janvier 2008
"ça" tome 3
"Les souvenirs s'éloignent et s'éparpillent comme des cauchemars... Celui de Grippe-Sou blême et ricanant ! Vingt-sept ans plus tard le clown est toujours là, prêt à frapper, à réveiller les monstres d'autrefois et leurs danses macabres. A Derry, Bill et ses amis sont revenus, fidèles à leur serment. Mais croient-ils toujours à la magie qui, seule, rend la magie possible ? Seront-ils imaginer le pieu ou le lance-chiques, capable de tuer l'Alien ?
Pour la seconde fois, ils plongent dans les trous de Morlock. Mortelle randonnée ! Dépouillé de ses masques et de ses colifichets, le clown attend, figé dans les lumières mortes. Dernière illusion ! Chute sans fin dans les rapides de l'effroi... CA est là ! Sphinx gluant gluant de pattes et de poils ! Oeil hypnotique et reptilien ! Et qui n'a jamais eu peur de CA ! Le spectre de nos peurs ancestrales..."
Nous arrivons (déjà !) au bout du périple de ce long bouquin si captivant. Il sera difficile de quitter Stan, Bev, Eddie, Ben, Mike, Richie et Bill sans une pointe au coeur. Ce roman a le don de stimuler nos souvenirs d'enfance. Finir ce livre c'est quitter une bande de potes et se dire : "Bordel, je vais faire quoi maintenant ? Picoler ? Oublier ? Picoler et oublier ? Picoler pour oublier ?" Certaines histoires rendent un sentiment furtif de désarroi et de solitude une fois arrivé à l'épilogue. "Ca" est ce genre de récit. Comme "Tom Sawyer" de Twain !
Eddie a mûri. Il affronte enfin sa mère qui lui reproche de suivre des mauvais amis. Ed ne veut pas de chantage affectif. Sa mère comprend que son fiston chéri n'est (ne sera) plus jamais le même.
Ce troisième volet est nettement plus violent que les deux autres. On sent que le King ne plaisante plus ! Il a présenté ses personnages, les lieux, les décors, les complexes, les heurts, les souvenirs, les statuts sociaux... maintenant il tranche dans le vif ! Et cela commence par la mort du jeune Patrick Hockstetter (un sociopathe en devenir), un maniaque cruel envers les animaux. Les sangsues vont lui régler son compte. Le déroulement s'étoffe et on devine que la fin va être terrifiante.
Je m'arrête ici car je ne dévoilerai pas toutes les subtilités qui suivent. C'est un grand, grand, grand livre du King. La ville de Derry possède une autonomie propre comme les personnages qui la peuplent. Ce roman est géant et cancéreux. Il vous ronge les os et vous glace le sang. Les effets sont superbement rendus et distillés avec soin.
mercredi 16 janvier 2008
"ça" tome 2
"Horreur et cataclysmes... Tous les vingt-sept ans le cycle reprend. A Derry, ville d'antiques perversions, la violence atteint alors des sommets de fureur. Jetés sur cette trajectoire infernale, sept mômes ont fait le serment de revenir si CA recommençait ! Paume contre paume, ils ont signé de leur sang leur promesse... Bill le Bègue, Richie la Grande Gueule, Ben, dit Meule de foin, Stan, Bev, rousse et belle en diable, et tout le club des ratés... Qu'ont-ils vu, tous, qui aurait rendu un adulte fou ? Quelle chose innommable ? Obscurs souvenirs... Pour les uns, momie aux yeux de goudrons frais, pour les autres oiseau-roc monstrueux, lépreux au nez amputé, loup-garou, vampire à la bouche hérissée de lames de rasoir... Tous avatars de Grippe-Sou, le Clown ! CA !
L'ennemi aux cent visages..."
Stephen King a distillé de nombreux éléments de sa vie personnelle dans ses personnages. Ceux-ci possèdent des complexes et des traumatismes. Bill est bègue et souffre de la mort de son petit frère. Eddie est couvé par une mère maladive. Bev est battue, Richie se crée des voix pour dissimuler sa personnalité tandis que Ben est obèse. Stan est juif et écarté par les écoliers en général. Mais ensemble ils affrontent les tourments de la vie avec le sourire.
Ce récit est touchant mais gare ! Cela suffit à rendre plus angoissante l'oppression de "Ca". Des caillots de sang giclent du lavabo de la petite Bev tandis que Ben, Stan et Eddie avouent également leurs visions communes du monstre. Ils aident Bev à nettoyer la salle de bains maculée. Ils sont seuls à voir ce macabre spectacle ; les adultes y sont aveugles. Curieusement, dès que les enfants se solidarisent, le monstre recule comme s'il se nourrissait des peurs enfantines. La maturité est un bouclier et ils vont vite s'en apercevoir.
Mike Hanlon se remémore les souvenirs de son père, soldat à Derry en 1930. La Légion de la Décence Blanche (un groupuscule du KKK) incendie le BlackSpot et fait soixante morts. Le racisme est partout mais le mal est ailleurs : il est enfoui dans le sol de Derry. Mike relate les évènements dans son journal. Déjà, à l'époque, son père avait eu affaire à Butch Bowers, le père de cette racaille d'Henry. Tout est lié à Derry, le bien et le mal. La narration de l'incendie du Black Spot est un paragraphe d'anthologie. Toute la bande est enfin réunie. Après un repas de retrouvailles au Jade Of The Orient (fortement perturbé au dessert), chacun retourne vers des lieux de son enfance. Les hallucinations morbides se succèdent. Le clown surgit dans la bibliothèque pour Ben, prend la forme d'Huggins le Roteur pour Eddie... Ils se souviennent : Mike est accepté dans la bande après une bataille forcenée aux cailloux contre Henry et ses potes. Ils dévoilent à Mike leur terrible secret : ils savent qui tue les enfants et ce n'est pas un être humain. Après la cérémonie de la petite fumée, ils ont la vision de la venue originelle de Ca.
mercredi 2 janvier 2008
"ça" tome 1
"La terreur s'incarna pour la première fois dans un bateau en papier journal dévalant un caniveau gonflé d'eau de pluie. Un petit garçon courait gaiement à côté. Il s'appelait George et avait six ans... Pris dans un tourbillon, l'esquif disparut dans une bouche d'égout. L'enfant mit un genou à terre, se pencha... Des yeux jaunes le regardaient, des yeux comme ceux qu'il avait imaginés le guettant dans la cave... « Salut, Georgie ! » fit une voix... Un clown se dressait dans l'égout. Sa main noueuse comme une patte de rapace tenait un lot de ballons colorés... George tendit le bras... Dans la rue, les gens ne virent qu'un gamin en ciré jaune qui hurlait et se tordait dans le caniveau... Oeil de salamandre, Queue de dragon, Main de gloire, quoi que ce fût, c'était là de nouveau... CA ! L'ordure aux cent têtes..."
Je me suis enfin décidé à commencer ce roman fleuve cultissime de King (qui, selon les puristes, est le meilleur roman Kingien après Salem... ou avant !) ; pavé de 1500 pages si on cumule les trois tomes. Le premier volet débute en 1957 par une scène atroce : un gamin joue avec un bateau en papier le long d'un caniveau. Il s'agit de George Denbrough, frère de Bill le Bègue. Le frêle esquif (badigeonné de paraffine par le frérot) tombe dans une bouche d'égout. Le gamin se penche et aperçoit... un clown ! Aux multiples surnoms : "Mr. Bob Gray", "Grippe-Sou", "Le clown cabriolant". L'enfant ne se méfie pas et tend son bras pour un ballon et une barbe à papa. 45 secondes plus tard, Dave Gardener arrive le premier sur place après le premier cri. "Du sang coulait dans l'égout depuis le trou déchiqueté où se trouvait autrefois le bras gauche ; des os emmêlés, horriblement brillants, dépassaient du vêtement déchiré." On vous a bien répété : "le bras gauche" non ? Ca ne vous choque pas l'illustration du tome 1 ? C'EST PAS LE BON BRAS BORDEL !!!
Bref l'enfant est mort. Vingt-sept ans plus tard (en 1984) des évènements se déroulent et s'enchaînent. Un pédé se fait tabasser par une bande de jeunes. Ils le font basculer par dessus le pont. Deux témoins (un voyou et le compagnon homo de la victime) voient un clown près du pilier qui attrape Hagarty dans l'eau pour lui bouffer le bras sous des milliers de ballons. Afin de faire condamner les trois délinquants, la police occulte ces témoignages. Lors du procès, personne ne fit allusion au clown. Un an après, la galerie de personnages s'allonge. Nous apprenons que William Denbrough (rappelez-vous : Bill le bègue) est devenu un écrivain d'épouvante (le King lui-même ?). Son ami d'enfance, Stanley Uris, est un homme qui a réussi professionnellement. Un soir, il reçoit un coup de téléphone (un certain Mike). En raccrochant le combiné il reste évasif envers sa femme sur le destinataire de l'appel. Il monte, contrairement à ses habitudes, prendre un bain, au grand étonnement de Patricia. Inquiète, elle grimpe au premier et découvre une porte fermée. Elle trouve une clé et pénètre dans la salle de bains. Macabre spectacle : son mari s'est tranché les deux bras, du poignet au creux du coude, pour ensuite tracer de son propre sang sur le carrelage bleu au-dessus de la baignoire, un mot : CA !
Richard Tozier, un célèbre DJ d'une radio de rock, est également appelé par Mike Hanlon. Rich doit aller à Derry car "il" est revenu. Durant l'été 1958, des gamins se sont promis de se rassembler lorsque "ça" serait de retour. Rich avait onze ans en 1958. Déjà nous sentons que l'indicible est là, sous nos terreurs d'enfants. Un pacte de sang a été conclu.
Je suis à la centième page et je suis pris dans la spirale narratrice du King. C'est un grand roman qui vous prend les tripes. Les lignes se succèdent à un rythme effréné et vous ne lâchez plus les pages... mais je m'égare !... Reprenons... Des gamins formaient "la bande des nouilles" cet été-là. Des enfants emmerdés par des durs et coursés par trois terreurs : Reginalg Huggins dit "Le Roteur", Victor Criss et le chef, un gosse démoniaque, Henry Bowers. Ben Hanscom se souvient de tout ceci, un soir au bar, devant son ami Ricky Lee. Ben était le gros de la bande martyrisée. Aujourd'hui Hanscom est un architecte reconnu (on lui a même consacré une couverture au Time comme architecte le plus prometteur des Etats-Unis !) ; hélas Ben a également été contacté. Ben se biture la gueule au whisky et reprend sa route. Lee se dit que c'est la dernière fois qu'il le voit.
Ce que j'aime dans ce début de récit, c'est l'impitoyable petit rien qui détruit votre vie. Tout ce que vous possédez peut être balayé par des souvenirs qui remontent, notamment sous les traits d'un clown ! D'ailleurs Ben le dit très clairement à Ricky : " ... dans ce monde, on paie toujours pour ce qui nous est donné. Peut-être est-ce pour ça que nous commençons par être des gosses. On paie pour ce que l'on obtient, on possède ce pour quoi on a payé... et tôt ou tard, ce que l'on possède nous revient en pleine gueule." En somme, qu'importe votre fortune, tout est déjà gravé en vous dès l'enfance et, ça, le King le sait et en profite le saligaud. Les plus grandes terreurs sont enfantines.
Eddie Kaspbrak est un homme particulier. Chauffeur de célébrités (il devait conduire Al Pacino avant d'avoir son coup de fil de Mike), il est submergé par les souvenirs d'une mère envahissante envers un fils trop délicat (du moins pour elle). Depuis sa boîte à pharmacie déborde de médicaments (sur quatre niveaux) et il ne sort jamais sans inhalateur ! Il embarque tout son attirail et prend un taxi, au grand désespoir de Myra, son épouse. Il repart vers l'été 1958 ! Beverly Rogan est une femme battue. Travaillant dans la mode, elle est mariée depuis quatre ans à Tom, un homme gros et violent. Elle ne doit pas fumer en sa présence. Un dîner froid et c'est trois coups de ceinturon ! L'appel de Mike, qui la prévient que "Ca" est revenu, l'émancipe. Elle cogne son mari avant de partir dans la nuit. Sans argent et une simple valise à la main. Mike Hanlon est le seul à être resté à Derry. Dès 1980, il se doute que "Ca" est revenu mais il attend avant d'être sûr. Il fait des recherches sur Derry qui n'est pas une ville comme les autres. Beaucoup trop de crimes de sang jalonnent l'histoire de Derry. Des crimes ou catastrophes redoutables, disparitions d'enfants (127 pour l'année 1958), une population entière de 340 âmes a même disparu en 1741 ! En quatre mois ! Pas un indice. Est-ce une ville où se nourrissent les animaux ?
S.KING pose ses personnages dans 200 pages ! Sur deux-cent-huit pages exactement ! C'est pas un tour de force hein ? Je suis bluffé. Peu à peu, nous découvrons la formation du Club des Ratés. Tout commence dans les Friches-Mortes, un vaste marécage où se déversent les eaux usées de Derry. Les enfants construisent un barrage sous les ordres de Ben. Incidemment, nous découvrons que chacun a déjà eu affaire au monstre dévoreur d'enfants. Celui-ci se présente sous diverses formes selon les témoignages : créature des égouts, momie, loup-garou. Bill et Richie combattent Ca avec un pistolet PPK, de la poudre à éternuer et une fronde ! Des sentiments naissent également avec Ben et Richie (tous deux amoureux de Bev ; elle-même amoureuse de Bill), la haine envers la bande de Bowers amène des affrontements réguliers, la terreur... tout commence à se mettre en place par les savoureux come-back des protagonistes qui se dirigent vers Derry.
Acheter en édition neuve et brochée... et affamer ainsi un enfant !

















